Un récent sondage IFO des prévisions d’exportations allemandes a mis en valeur une tendance baissière continue commençant au printemps dernier. Depuis mi-mars, l’euro s’est renforcé contre le dollar, mais avec une grande volatilité. En se basant sur les théories économiques, il est tentant de voir une relation causale entre ces deux tendances. Un euro plus fort (faible) détériore (stimule) les exportations. Cela se reflèterait dans l’évaluation que font les entreprises de leurs opportunités d’exportations.

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Que l’on regarde le taux de change euro/dollar ou, plus pertinemment, le taux de change effectif réel de l’euro, la relation avec les prévisions d’exportations semble très instable. Il y a des périodes de corrélation négative qui rejoignent la théorie (les périodes de fin 2001 au début 2002 ; dans la deuxième moitié de 2005 ; début 2008 ; début 2015). Cependant, il existe aussi des périodes avec une corrélation positive contre-intuitive (par exemple entre 2011 et 2014). Ceci rappelle que les prévisions d’exportations dépendent de l’évolution de la compétitivité prix (auquel cas la corrélation serait négative) ainsi que de l’évolution de la demande extérieure (pour des prix et des taux de change donnés). On peut appeler cela respectivement un effet prix et volume. Si ce dernier domine, la corrélation entre le taux de change et les prévisions d’exportations peut être très faible, voire même positive. Pour illustrer ce fait, on peut rappeler que récemment des efforts de la Réserve Fédérale pour relancer la demande ont pesé sur le dollar. Cependant, malgré un euro plus fort, les exportateurs allemands se sont concentrés sur les effets volumes attendus d’une reprise américaine. Au regard de l’affaiblissement des prévisions d’exportations, le ralentissement chinois jouera probablement un rôle considérable.