Chaque trimestre, la BCE publie son enquête sur la distribution du crédit bancaire en zone euro. Celle-ci fournit de précieuses informations concernant tant l’offre (normes de crédit appliquées par les banques) que la demande financière (moteurs de la demande de crédit récente, demande attendue de prêts) dans la zone euro. Elle complète efficacement les données « objectives » traditionnelles (activité, production, ventes, etc.) et « subjectives » (indicateurs de confiance et du climat des affaires).

Récemment, les répercussions du ralentissement de la croissance en Chine et dans les pays en voie de développement en général sur la zone euro ont suscité beaucoup d’inquiétudes. Les vecteurs de contagion sont le commerce international, les taux de change et la confiance des entreprises. Autre facteur connexe, l’incertitude : les entreprises pourraient se sentir surprises par les développements en Chine, au Brésil et dans d’autres pays. Ce sentiment pourrait les pousser à entrevoir l’avenir avec une plus grande incertitude.

L’histogramme ci-dessous indique comment les banques de la zone euro évaluent la demande récente de crédit dans l’optique d’investissements fixes. Depuis deux trimestres consécutifs, nous nous trouvons en territoire positif. En d’autres termes, il y a plus de banques qui considèrent que la demande pour ce type de crédit a augmenté au cours des trois derniers mois que celles qui pensent que la demande a baissé.

chart23oct2015

La ligne noire montre l’évolution de la variation en pourcentage de la formation brute de capital fixe réelle par rapport à l’année précédente. La croissance est positive depuis fin 2013 et, après un ralentissement au second semestre de l’année 2014, a repris de plus belle. Comme on peut s’y attendre, la corrélation est élevée entre l’évaluation par les banques de la demande de crédit à des fins d’investissement et la formation brute de capital fixe. Les dernières données sur le crédit bancaire incitent à l’optimisme à court terme, du moins pour les dépenses d’investissement. Gardons-nous de toute euphorie toutefois : l’année 2011 nous rappelle que l’environnement peut changer brusquement en cas de choc de grande ampleur (à l’époque, il s’agissait de la crise de la zone euro).