Dans une union monétaire, le taux de change ne peut être utilisé pour regagner de la compétitivité par rapport aux autres pays de l’union, donc une rigidité salariale voire même des coupes ont tendance à être utilisées pour restaurer la compétitivité-prix. C’est ce qu’on appelle la dévaluation interne. Le graphique compare pour un nombre de pays la variation cumulative des coûts salariaux unitaires depuis 2009 (leur point le plus haut, en ordonnée) et la variation cumulative des exports depuis 2008 (en abscisse).

 

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La différence entre l’Irlande, l’Espagne et le Portugal d’une part, et la Grèce d’autre part, est frappante. Bien que les quatre aient vu des réductions significatives de leurs coûts salariaux, la Grèce est le seul pays où, contre-intuitivement, les exportations ont en réalité baissé (les autres pays ont connu une forte hausse). Cela suggère que, en tout cas pour la Grèce, les coûts du travail n’expliquent qu’une partie de la performance à l’exportation. Par extension, on pourrait affirmer qu’une dépréciation de la monnaie (lorsqu’on pense notamment au débat sur le « Grexit ») ne serait pas la solution miracle, bien au contraire. Dans un article récent de la Commission Européenne, Uwe Böwer et ses co-auteurs soutiennent que la compétitivité dépend aussi de la stabilité politique, de l’application des contrats, de la qualité de la régulation, etc., tout en ajoutant que dans la plupart de ces composantes de la qualité institutionnelle, la Grèce est internationalement mal classée. Des ajustements structurels, au sens large, devraient permettre au pays d’améliorer sa performance à l’exportation.