La période estivale invite à faire le point sur les perspectives économiques pour le reste de l’année. Avant d’en parler plus en détail, revenons en arrière sur le déroulement du premier trimestre 2021 sur le plan économique. On peut résumer les choses en indiquant que  l’optimisme, progressivement, s’est amélioré. Plusieurs facteurs l’expliquent : le rythme des vaccinations a fortement augmenté, les mesures restrictives ont permis une baisse des nouvelles infections, le soutien de la politique budgétaire ou encore le soutien de la politique monétaire. Tout tout ceci a donné lieu à un optimisme qui a fait fortement augmenter le sentiment de confiance des entreprises. On voit par exemple en zone euro ou encore aux Etats-Unis, que dans le secteur manufacturier, la confiance des entreprises a atteint des maxima historiques. Nous avons vu une très nette amélioration du côté des services et la  confiance des ménages s’est également nettement améliorée, ces derniers étant sensibles à une amélioration des perspectives du marché du travail. Tout ceci a eu des répercussions favorables sur le reste du monde et on voit que la dynamique favorable dans un pays créé un effet d’entraînement pour d’autres pays. L’évolution des carnets de commande des exportations est devenue beaucoup plus positive. En conséquence les économistes ont adapté leurs prévisions. On a donc effectivement assisté à de nettes révisions à la hausse des prévisions économiques.

Parlons maintenant perspectives pour le second semestre. C’est un semestre qui devrait se passer en deux temps :  un troisième trimestre avec une croissance très soutenue aux Etats-Unis,  mais surtout en zone euro, zone euro qui devrait réaliser un certain rattrapage par rapport à l’économie américaine. Croissance très soutenue donc et qui serait suivie par une normalisation au quatrième trimestre.  Normalisation veut dire croissance plus lente, tout en restant bien au delà de la croissance potentielle. Ce ralentissement trouverait son origine dans plusieurs facteurs.  Le premier, la demande refoulée qui a été très importante durant le confinement a pu être libérée lorsque les mesures restrictives ont été levées, cela a donné un coup de fouet à la demande, à l’activité, mais cet effet devrait perdre progressivement en intensité. Un autre facteur qui joue, c’est que dans certains secteurs (on pense notamment au secteur de la construction où la demande est très intense), il y a des goulots d’étranglements, donc les prix ont fortement augmenté, ce qui pourrait être un facteur freinant le dynamisme de ces secteurs avec un effet bien évidemment plus large sur le reste de l’économie. Et puis surtout, il ya ces nuages qui s’amoncellent à l’horizon. On ne sait pas encore si ces nuages deviendront très importants ou pas. Tout d’abord, dans certains pays (on pense notamment aux Etats-unis), le rythme des vaccinations a très fortement fléchi. C’est un facteur de préoccupation lorsqu’on regarde le niveau de vaccination qu’on a atteint.  Et puis, il y a surtout, bien évidemment, la propagation du nouveau variant Delta qui est un phénomène mondiale, mais qui pose clairement un problème aux Etats-Unis et de plus en plus également en Europe. C’est un facteur de préoccupation important car il pourrait nécessiter de nouvelles mesures restrictives qui, bien évidemment ,aurait un impact négatif sur le dynamisme de la demande et de l’activité. Et d’ailleurs, c’est un élément qui explique, en grande partie, la très nette baisse qu’on a vu dans les rendements obligataires ces dernières semaines aux Etats-Unis mais également en Europe.

D’ores et déjà, nous pouvons dire, sans surprise, que le regard des marchés financiers, des investisseurs, des ménages et des entreprises restera rivé sur la situation de la pandémie : comment évolueront les nouvelles infections, les vaccinations ? Est-ce qu’il y aura des nouvelles mesures etc. Des éléments économiques retiendront également l’attention : la dynamique de croissance, bien sûr, mais surtout ce qui va se passer au niveau de l’inflation, surtout aux Etats-Unis. Après avoir atteint les 5% d’inflation il ya quelques mois, on a dépassé ce niveau et donc la question devient de plus en plus importante et lancinante : est-ce que cette hausse de l’inflation est temporaire comme l’indique la Réserve fédérale ou sera-t-elle plus pérenne ?  On devrait y voir plus clair avec les nouveaux chiffres de l’inflation dans les prochains mois.  C’est un élément très important, structurant pour le comportement du marché obligataire d’ici la fin de l’année et pour le marché boursier également.  Nous allons aussi prendre connaissance du discours adopté par les banques centrales aux Etats-Unis et dans la  zone euro. Aux Etats-Unis, le programme d’assouplissement quantitatif continue,  mais avec l’intensité de la croissance,  avec l’amélioration du marché du travail, n’y a-t-il pas lieu de baisser le rythme d’achat. On devrait normalement y voir plus clair à l’automne. Et puis du côté Européen,  il y a le programme d’assouplissement quantitatif dédié a gérer la pandémie,  le fameux PEPP. En principe, il devrait s’arrêter au mois de mars 2022. Là aussi, on est impatient de voir comment la Banque centrale européenne va communiquer à ce sujet. C’est un facteur très important pour les marchés financiers, mais également, d’une manière plus large, pour le comportement de l’économie au fil des prochains mois.