William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas

Politique budgétaire et monétaire

William De Vijlder aborde ici la politique budgétaire et monétaire à travers les décisions des gouvernements et des banques centrales (BCE, Réserve fédérale, Banque d’Angleterre…), et en particulier l’évolution du solde budgétaire d’un pays et la question de l’endettement du secteur public.

Les banques centrales face au changement climatique

Les banques centrales prennent de plus en plus conscience de l’impact du changement climatique sur les prix et la stabilité financière. De plus, par le biais des collatéraux et des achats d’actifs, leurs bilans sont exposés à ce risque. La BCE l’a intégré à sa revue de la stratégie monétaire lancée en 2020. La question centrale est de savoir si la BCE devrait aussi poursuivre des objectifs climatiques dans sa politique monétaire. Cela pourrait être perçu par certains comme trop éloigné de sa mission qui consiste à viser la stabilité des prix. A minima, on s’attend à ce que la banque centrale demande davantage d’informations sur les facteurs liés au climat des actifs qu’elle détient. La question du maintien de la neutralité de ses achats à l’égard du marché reste ouverte. Le marché attend donc avec impatience le résultat de la revue stratégique qui devrait être annoncé en septembre 2021.

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FOMC

États-Unis : lire dans les pensées de la Réserve fédérale

Les dernières projections des membres du FOMC reflètent l’effet d’entraînement, robuste mais temporaire, de la relance budgétaire et de la normalisation de l’activité économique du fait de la vaccination des adultes. Ils tablent ainsi sur une hausse limitée de l’inflation. Quatre d’entre eux estiment désormais que la situation justifierait un relèvement du taux des fonds fédéraux l’année prochaine. Selon sept autres, les conditions seraient réunies pour 2023. Le président de la Fed n’a pas manqué de souligner que les projections ne constituent pas les prévisions du Comité et que les données ne justifient pas un virage monétaire. Ce message a manifestement ancré les taux d’intérêt à court terme, tandis que les rendements des obligations à long terme fluctuent entre soulagement et malaise à propos du niveau auquel le taux des fonds fédéraux pourrait se situer d’ici plusieurs années.

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Politique monétaire

Doit-on craindre un durcissement des conditions financières dans la zone euro ?

Au regard des évolutions du marché obligataire et du marché actions, le cycle financier est très synchronisé au niveau mondial. Néanmoins, on constate une désynchronisation des cycles conjoncturels entre les États-Unis et la zone euro. La poussée des rendements des obligations d’État de la zone euro, dans le sillage des taux américains, ne doit pas être considérée comme un signe de bonne santé économique. Au contraire, elle intervient à un mauvais moment. On peut, a minima, s’attendre à une déclaration très ferme du Conseil des gouverneurs de la BCE, le 11 mars prochain, sur sa détermination à agir en cas de hausse persistante des rendements. Bien entendu, les marchés préféreraient une action immédiate. Après tout, l’outil (le Programme d’achats d’urgence face à la pandémie ou PEPP) est déjà là et on pourrait en faire un plus large usage.

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Illustration ECOTV Mars

La remontée des rendements obligataires implique-t-elle un contrôle de la courbe des taux ?

Aux États-Unis, la perspective d’une nouvelle relance budgétaire massive sur fond de campagne de vaccination rapide a récemment entraîné une hausse significative des rendements des Treasuries. Cette dynamique des taux longs a eu des répercussions au niveau mondial avec une nette hausse des taux longs en Europe (les taux Bund à 10 ans ont enregistré une hausse de presque 40 points de base) mais aussi dans d’autres parties du monde comme l’Australie.

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Dette

Le coût de l’annulation de la dette publique (et du débat qu’elle suscite)

Récemment, plusieurs appels ont été lancés en faveur de l’annulation d’une partie de la dette publique détenue par la BCE. Une telle opération constituerait une violation du traité européen. Sur le plan économique, elle serait inutile étant donné que les intérêts versés à la BCE au titre de la dette reviennent aux Etats sous forme de dividendes. De plus, cela aurait en fait un coût : la hausse des anticipations d’inflation et/ou l’augmentation de la prime de risque d’inflation entraîneraient une remontée des rendements obligataires. La nature extrême de cette mesure pourrait également saper la confiance. En réalité, la très grande faiblesse des taux d’intérêt implique que les Etats ont beaucoup de temps devant eux pour restaurer les finances publiques. Enfin, la simple évocation par de hauts responsables de la possibilité d’une annulation de la dette pourrait aussi entraîner un coût : les marchés financiers pourraient estimer que l’impensable devient progressivement moins impensable.

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Public finance

États-Unis : en matière de relance budgétaire, le risque est de ne pas en faire assez

L’état désastreux du marché du travail exige un effort de soutien important de l’économie. Ce point de vue est partagé par le président de la Fed, Jerome Powell, et le secrétaire au Trésor, Yellen. Le plan de relance budgétaire massif préparé par l’administration Biden a fait l’objet de critiques de la part d’éminents économistes. Selon eux, ce plan est trop important et pourrait provoquer une augmentation considérable de l’inflation. En décidant de la taille du plan budgétaire, les considérations de gestion des risques jouent un rôle important. Le risque le plus important est clairement de ne pas en faire assez. Cependant, si l’on fait beaucoup, la Réserve fédérale devra finalement démontrer son indépendance en n’hésitant pas à augmenter les taux malgré l’impact sur les finances publiques.

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Politique monétaire : soulagement aujourd’hui, malaise demain ?

Les mesures adoptées par la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne pour amortir le choc de la pandémie de Covid-19 sur l’économie ont eu un impact très positif sur les cours des actifs. On peut, cependant, se demander si le soulagement actuel ne se transformera pas demain en casse-tête pour les investisseurs. Même s’il sera difficile pour les banques centrales de changer de stratégie, le recours en premier lieu à ces outils s’impose étant donné leurs effets positifs. Cependant, le processus de normalisation de la politique monétaire sera probablement laborieux et les banques centrales comme les investisseurs doivent soigneusement s’y préparer. Ces éléments de réflexion pourraient s’avérer particulièrement pertinents si  la reprise en 2021 était plus vigoureuse qu’attendu.

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Fiscal policy

La politique budgétaire est au cœur du débat (et elle va y rester)

Relance budgétaire ou monétaire ? Les évolutions boursières de la semaine dernière ont reflété, dans une large mesure, les anticipations selon lesquelles le résultat des élections américaines pourrait faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Jerome Powell, président de la Réserve fédérale, a insisté sur la nécessité d’un plus large soutien des finances publiques, tout en laissant entrevoir un assouplissement monétaire plus important en cas de besoin. Le Royaume-Uni a opté pour une approche coordonnée : la Banque d’Angleterre augmentera ses achats d’obligations d’Etat tandis que le dispositif de chômage partiel, mis en place par l’Etat, sera prolongé. La politique budgétaire restera au cœur du débat pendant de nombreuses années encore.

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Illustration édito 20.36

Assouplissement quantitatif : est-ce que quelqu’un devra payer la note ?

L’expérience des dernières décennies montre que dans beaucoup de pays, voire dans la plupart, la baisse du ratio de la dette publique en phase d’expansion ne compense pas l’augmentation de ce même ratio en phase de récession. Cela accroît le risque souverain susceptible d’influencer in fine les coûts d’emprunt. Dans l’hypothèse d’un réinvestissement permanent des titres arrivant à maturité, la détention d’un important portefeuille d’emprunts d’État par la banque centrale pourrait limiter ce risque. Cela dépend des taux d’intérêt sur les réserves excédentaires et si cette politique entraîne une hausse de l’inflation et/ou des anticipations d’inflation.

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Monetary policy

QE sans fin : pente glissante vers la prédominance budgétaire ?

La moindre efficacité de la politique monétaire et l’accroissement de l’espace laissé à la politique budgétaire sont autant d’arguments en faveur d’une accélération des émissions d’emprunts publics pour, conjuguées à l’assouplissement quantitatif, stimuler la croissance. On peut craindre qu’une telle coordination des politiques nous amène à la prédominance budgétaire dans laquelle la conduite de la politique monétaire est dictée par les finances publiques et viserait à maintenir la soutenabilité de la dette publique. Lorsque la pandémie sera derrière nous, les gouvernements auront la responsabilité de restaurer leurs finances publiques. Ne rien faire reviendrait à faire porter le fardeau à la BCE face aux crises ultérieures. Ce serait alors un autre type de prédominance budgétaire.

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Illustration article Agefi septembre

La nouvelle stratégie de la Fed et le risque d’instabilité financière

Confrontée, d’une part, à la probabilité élevée que son ancienne politique suscite un mouvement à la baisse des anticipations d’inflation et, d’autre part, à l’incertitude liée aux effets potentiellement négatifs de sa nouvelle stratégie sur la stabilité financière, la Réserve fédérales semble accorder plus d’importance à la première de ces considérations.

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FED

États-Unis : vers une politique monétaire inclusive

Depuis dix ans, les gouvernements, les institutions internationales et de plus en plus d’entreprises s’intéressent de près à la promotion d’une croissance inclusive. Sous la présidence de Jerome Powell, la croissance inclusive est devenue un axe de réflexion clé pour la Réserve fédérale, en particulier au regard des disparités entre les différents groupes socio-économiques sur le marché du travail.Il en ressort qu’un taux de chômage en baisse ne peut justifier un resserrement monétaire préventif. Au contraire, cela pourrait freiner l’accès à l’emploi de certaines catégories de travailleurs. Il sera intéressant de voir si d’autres banques centrales suivront l’exemple de la Fed et, en particulier, la BCE dans le cadre de sa revue stratégique.

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BCE

BCE : la patience est de mise

Au vu des derniers chiffres de l’inflation, de l’appréciation de l’euro et de la nouvelle stratégie de ciblage de l’inflation moyenne de la Réserve fédérale, les conclusions de la réunion de la BCE étaient très attendues. Sur ces trois sujets de préoccupation, le message implicite de la présidente de la BCE, lors de sa conférence de presse, était le suivant : patience !
L’inflation devrait remonter tout en restant bien en deçà de l’objectif de la banque centrale. Le taux de change de l’euro est surveillé de près et compte tenu du nombre de chantiers démarrés dans le cadre de la revue stratégique, il faudra un certain temps avant de connaître les conclusions de la BCE sur son objectif d’inflation.

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Illustration EcoTVW du 4/09

Le casse-tête de la BCE

La COVID-19 représente un choc désinflationniste massif en raison du déficit de demande qu’elle crée. Cela a conduit les banques centrales à travers le monde a réagir vigoureusement, la BCE n’y a pas fait exception. L’action de la BCE – en particulier le PEPP – a permis de maintenir un financement fluide, tant sur le marché bancaire que sur le marché des capitaux. Néanmoins, la BCE est confrontée à un casse-tête : l’inflation est trop faible et en recul, l’euro fort accentue cette tendance et l’on craint que le changement de l’objectif à long terme de la Fed, qui visera désormais une inflation moyenne de 2 % au fil du temps, ne complique les choses.

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La Fed

Les conséquences mondiales de la stratégie d’inflation moyenne de la Réserve fédérale

La nouvelle stratégie de la Fed, basée sur une inflation moyenne, aura des répercussions pour l’économie réelle et la finance à l’échelle mondiale. À commencer par le commerce international dès lors qu’une expansion plus soutenue du PIB américain tirera l’économie des partenaires commerciaux des États-Unis par le biais de l’accroissement des importations de ce pays. Les conséquences financières sont déterminées par les flux de capitaux, la politique monétaire et l’appétit du risque. Au-delà des conséquences purement économiques, la nouvelle stratégie de la Fed forcera également les autres banques centrales à revisiter leur propre stratégie.

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FED

La Réserve fédérale inaugure une nouvelle ère dans son ciblage de l’inflation

La Réserve fédérale américaine modifie ses objectifs d’inflation à long terme. Désormais, la politique monétaire ciblera le déficit d’emplois pour parvenir au plein emploi, plutôt que les écarts positif ou négatif. Surtout, la Banque centrale américaine vise désormais un taux d’inflation moyen de 2% dans la durée. Cette annonce implique un biais plus accommodant, les premières hausses de taux d’intérêt s’en trouvant repoussées dans le temps. Elle signifie en outre, à terme, une diminution de la lisibilité de la fonction de réaction de la Fed : quand l’inflation moyenne (concept qui reste à définir) justifiera-t-elle un resserrement de la politique monétaire ? Une telle ambiguïté pourrait engendrer un surcroît de volatilité, à moins que la communication ne joue un rôle encore plus central.

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Commission européenne

Accord du Conseil européen : imparfait mais historique

Inévitablement basé sur un compromis, l’accord portant sur un effort de relance européen, conclu cette semaine, n’en est pas moins historique. Il combine des subventions et des prêts accordés aux États membres et sera financé par des emprunts contractés au niveau de l’Union européenne.Cet accord crée un précédent pour la gestion de situations de crise en instaurant un meilleur équilibre entre politique monétaire et politique budgétaire. La possibilité d’une telle approche sur deux fronts, réduit le risque de perte extrême (tail risk) et devrait ainsi structurellement soutenir la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs. L’allocation ciblée de subventions, en faveur des pays qui en ont le plus besoin, constitue une autre avancée historique et devrait générer un effet multiplicateur plus conséquent.

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