William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas

Cycle économique

Comment évoluent la croissance économique, l’inflation, l’emploi dans un pays ou une région du monde ? William De Vijlder s’intéresse aux fluctuations cycliques d’une économie en phase de crise, d’expansion, de récession ou de reprise, dans une analyse conjoncturelle.

EcoTV 7 janvier

Vaccination lente ou rapide : quelle différence pour l’économie ?

L’introduction d’un vaccin permettra à l’économie mondiale de faire la transition d’une reprise par à-coups avec une succession de vagues de confinement et déconfinement, vers une dynamique de croissance plus pérenne. Un facteur important est la baisse progressive de l’incertitude qui poussera les ménages à dépenser plus et les entreprises à recommencer à investir. Plus vite qu’on atteint le stade de l’immunité collective, plus forte devrait être cette dynamique économique.

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Illustration édito 20.47

Les récits du bilan économique de l’année 2020

Les récits – ces histoires relatant des événements – pourraient influencer les comportements futurs. Dans quelques années, plusieurs d’entre eux pourraient très bien venir illustrer le bilan économique de 2020 : des chocs importants et imprévus peuvent se produire ; l’approche du « tout ce qui est nécessaire » prévaut en matière de politique monétaire, et s’étend désormais à la sphère budgétaire ; la préférence, en matière d’investissements financiers, pour l’achat d’actifs risqués plutôt qu’une sortie du marché ; la nouvelle démonstration faite pas l’Union européenne, avec son programme « Next Generation EU », de sa capacité à accomplir de grandes avancées sous la pression ; la priorité donnée au développement durable. Certains de ces récits nous rassurent tandis que d’autres ont valeur d’avertissement.

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2021- Vaccin

Après une année éprouvante, un espoir prudent est de mise pour 2021

Jusqu’au bout, 2020 aura été une année pour le moins difficile. À certains égards, un espoir prudent est néanmoins de rigueur en ce qui concerne l’économie en 2021. En effet, la vaccination contre la Covid-19 devrait réduire les incertitudes entourant les perspectives économiques. De plus, des mesures de soutien budgétaire et monétaire de grande ampleur ont été mises en œuvre. Plus que jamais, cependant, la prudence s’impose en matière de prévisions. Il faudra, peut-être, plus de temps que prévu pour atteindre l’immunité collective et certaines conséquences économiques de la pandémie ne se manifesteront que sur la durée.

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EcoTV du 16 décembre 2020

Le bilan économique de 2020 : l’agilité pour faire face au choc Covid-19

La pandémie de Covid-19 constitue un choc exogène pour l’économie mondiale aux proportions inédites depuis plusieurs décennies. La réaction a été vive et agile. Les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire et injecté des liquidités, tandis que les gouvernements ont mis de côté la prudence budgétaire et utilisé leurs finances publiques pour apporter un soutien indispensable à l’économie. Ces mesures ont contribué à atténuer le choc de la pandémie. Les entreprises ont également joué un rôle important par l’agilité avec laquelle elles ont su adapter leurs modèles de production et/ou de distribution pour faire face à la rupture des chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à l’impact des restrictions sur les ventes, mais aussi autoriser le télétravail pour une bonne partie de leur personnel. Plus important encore, la mise au point d’un vaccin est porteuse d’espoir au terme de cette année si difficile et éprouvante. La vaccination devrait conduire à une reprise économique durable même si des questions demeurent quant à l’impact potentiel de la pandémie à plus long terme sur le chômage et l’endettement du secteur des entreprises comme du secteur public.

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Inflation

Zone euro : la demande contenue des ménages et des entreprises devrait entraîner une accélération de l’inflation

La pandémie de Covid-19 a provoqué une baisse de l’inflation et, dans la plupart des pays de la zone euro, a accru les différences d’inflation entre les secteurs. Il faudra beaucoup de temps avant que l’activité retrouve une dynamique suffisante pour créer des tensions sur le marché du travail, condition nécessaire — en l’absence de chocs exogènes — à une hausse générale et durable de l’inflation. Il faut donc s’attendre, pour les années à venir, à ce que l’inflation oscille autour d’une tendance légèrement à la hausse. En 2021, la libération de la demande contenue — dans l’hypothèse d’un déploiement suffisamment large d’un vaccin — pourrait provoquer un rebond temporaire de l’inflation. À cet égard, la diminution de l’élasticité-prix de la demande constituera un élément-clé.

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Incertitude

Et si l’immunisation contre la Covid-19 prenait plus de temps que prévu ?

La perspective du déploiement de vaccins contre la Covid-19 a suscité des anticipations de reprise économique durable en 2021, après le cycle par à-coups observé cette année. Certains craignent, cependant, que le contrôle de la pandémie ne prenne plus de temps que ne le supposent les hypothèses retenues dans les prévisions économiques actuelles. Dans un tel scénario, les inquiétudes à l’égard de possibles nouvelles restrictions resteraient élevées, même si en raison de la vaccination ces mesures devraient être moins strictes qu’auparavant et plus localisées. Quoi qu’il en soit, dans les secteurs les plus exposés, l’investissement et l’emploi pourraient être les premiers à en pâtir.

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Blog édito 20.42

L’annonce d’un vaccin contre la Covid-19 réduit le risque de perte extrême (tail risk)

L’annonce de la découverte d’un candidat-vaccin particulièrement efficace contre la Covid-19 a provoqué de fortes réactions sur les marchés financiers, traduisant le sentiment d’un changement des perspectives de croissance. Cette annonce suscite l’espoir de parvenir à une normalisation de l’activité économique à moyen terme, mais les effets positifs sur la croissance mettront du temps à se faire sentir. À l’évidence, l’idée d’une sortie de crise dépend dans une large mesure de l’horizon sur lequel on se place. Cependant, les décisions des ménages et des entreprises dépendent non seulement de la hausse attendue du revenu et des bénéfices, mais aussi de la dispersion de la distribution statistique autour des prévisions de croissance. La perspective d’un vaccin réduit la probabilité de résultats très négatifs et cette diminution de l’incertitude devrait finir par contribuer à un rebond de la croissance.

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Illustration blog EcoTV du 13/11/2020

Une reprise par à-coups

Après un rebond mécanique et spectaculaire de l’activité au troisième trimestre, le risque paraît bien réel qu’en zone euro, le dernier trimestre de cette année soit marqué par un arrêt brutal de la reprise. En cause, la forte hausse du nombre de nouvelles infections, les mesures qui sont prises pour arrêter cette dynamique et un sentiment général d’incertitude qui freine les dépenses. Cependant, on peut d’ores et déjà tabler sur l’effet de relance qu’aura l’assouplissement des mesures restrictives une fois que le nombre de nouveaux cas aura bien baissé. Nous vivons donc une reprise par à-coups, où fortes accélérations et ralentissement brutaux se succèdent. C’est un environnement qui, suite au manque de visibilité au-delà du court terme, freine la volonté des entreprises à investir. En outre, les ménages risquent également de reporter des dépenses importantes. Le soutien monétaire et surtout budgétaire restera donc crucial. Des effets d’entrainement venant du reste du monde le seront aussi. On pense à la Chine ou encore aux E-U où un nouveau plan de relance est préparé.

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Crise + Covid 19

Une reprise  par à-coups

L’activité ralentissait déjà avant les nouvelles mesures de confinement et ces dernières ne feront que la freiner davantage. Nous vivons dans une économie de type « stop-start ». La contraction de l’activité devrait être plus limitée qu’en mars-avril. Les mesures sont moins strictes pour l’activité économique qu’au printemps dernier, les entreprises sont mieux préparées et les exportations devraient bénéficier d’un climat des affaires plus dynamique, en particulier en Asie. Une reprise par à-coups devrait aussi avoir des conséquences négatives à moyen et long termes. L’incertitude pourrait durer plus longtemps, entraînant un risque accru d’impacts plus importants comme la montée du chômage de longue durée ou les faillites d’entreprises. Cela pourrait conduire à une intensification des forces désinflationnistes et peser sur les finances publiques. Il faudra aussi plus de temps pour atteindre le niveau d’activité antérieur à la pandémie.

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Dette

Escalade de la dette publique

Dans beaucoup de pays développés, la dette publique en pourcentage du PIB est depuis quarante ans sur une tendance à la hausse. Une dette publique élevée affaiblit la résilience de l’économie aux chocs de croissance et de taux d’intérêt. Un ajustement budgétaire s’imposera donc tôt ou tard. À l’évidence, le moment n’est pas venu. L’économie ne s’est pas encore remise du choc de la pandémie de Covid-19 et les perspectives restent très incertaines. Il n’y a pas non plus d’urgence, compte tenu du niveau très faible des taux d’intérêt. Pour autant, l’absence d’urgence à court terme ne doit pas faire oublier la nécessité d’agir, au risque d’affaiblir davantage la résilience de l’économie. Ce serait aussi prendre le pari qu’à chaque crise, il faille s’en remettre aux programmes d’assouplissement quantitatif des banques centrales.

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Economic policy

Des politiques de l’offre pour l’après Covid-19

La pandémie de Covid-19 aura de profondes conséquences à long terme. Certaines industries en tireront des bénéfices, directement ou indirectement, tandis que d’autres souffriront. L’idée de secteurs florissants, surfant sur de nouvelles opportunités, et d’autres luttant pour leur survie rappelle le concept de destruction créatrice de Schumpeter. Or, un tel processus peut générer à court terme des coûts considérables. La recherche économique montre que les programmes visant à dynamiser le marché du travail jouent un rôle capital. Plus généralement, la politique économique ne doit pas seulement se concentrer sur la demande mais de plus en plus sur l’offre, afin d’éviter que la pandémie n’entrave durablement la croissance.

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Economic growth

Les entreprises vont-elles profiter de l’amélioration de leur trésorerie pour investir ?

Pour évaluer le rythme de la reprise dans les prochains trimestres, l’une des principales questions qui se posent est celle de l’investissement des entreprises. Les analystes financiers tablent sur une augmentation des bénéfices des entreprises américaines. Si cela se confirme, l’on peut s’attendre à une amélioration de leur trésorerie, ce qui, sur la base des relations historiques, devrait conduire, avec un certain décalage, à une augmentation de la formation du capital. Cependant, compte tenu de la hausse de leur endettement en raison de la pandémie, elles pourraient aussi bien affecter cet excédent de trésorerie au remboursement de leur dette. Les incertitudes entourant les flux de trésorerie pourraient peser sur la propension à investir des entreprises.

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Incertitude

Au-delà des chiffres sur le PIB au deuxième trimestre

Sans surprise, les chiffres du PIB pour le T2, parus cette semaine, sont exceptionnellement mauvais. La croissance pour le T3 devrait être forte, ne serait-ce qu’en raison d’un puissant effet de base. Le risque de déceptions est toutefois bien réel si la dynamique devait s’essouffler pendant l’été, ce que l’on observe déjà aux États-Unis. Dans la zone euro, les enquêtes de conjoncture continuent de s’améliorer et l’indicateur des anticipations d’emploi affiche une hausse marquée. Néanmoins, les ménages demeurent très préoccupés et leurs anticipations de chômage sont restées globalement stables.

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Illustration EcoTV Week du 31/07

L’amélioration cyclique en zone euro continue

Les données d’enquête pour la zone euro continuent de s’améliorer. Les indices des directeurs d’achats (PMI) flash du mois de juillet ont dépassé le seuil de 50 dans le secteur manufacturier comme dans celui des services et il en va de même du PMI composite, indiquant que l’activité est de nouveau en phase d’expansion. La composante « nouvelles commandes à l’export » est également en progression. Même si les chefs d’entreprises se disent plus confiants que le mois précédent, le niveau de confiance reste assez faible par rapport aux moyennes historiques. En témoignent les dernières données sur le sentiment des entrepreneurs allemands et français : en progression mais à partir d’un niveau bas. La prudence reste la règle, comme le montre très clairement la composante « emploi » des enquêtes auprès des chefs d’entreprises. Cela tient en grande partie aux inquiétudes sur la manière dont va évoluer la pandémie. Dans ces conditions, les mesures de relance budgétaire, au niveau national et européen, seront particulièrement bienvenues.

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Cogs economic recovery

Un rebond mécanique, et après ?

Assouplissement du confinement oblige, la confiance des entreprises s’est notablement améliorée, tandis que l’activité et la demande ont mécaniquement rebondi. À court terme, le resserrement de l’écart entre les niveaux d’activité normaux et ceux observés devrait progressivement induire une certaine normalisation des taux de croissance. La croissance devrait être soutenue par un effet de rattrapage de la consommation, les coups de pouce monétaire et budgétaire, et la possibilité pour les ménages de puiser dans l’épargne forcée accumulée pendant le confinement. L’évolution des incertitudes sera déterminante. La situation sanitaire n’est pas maîtrisée dans certains pays et l’on craint potentiellement un emballement. Les sombres perspectives du marché de l’emploi sont sources d’incertitudes pour les revenus des ménages. Dans ce contexte, les entreprises pourraient revoir à la baisse leurs projets d’investissement.

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Change

La Covid-19 et l’environnement

Du fait des externalités de l’activité économique, le confinement a eu un impact considérable, non seulement sur l’économie, mais aussi sur l’environnement. Dans un monde déconfiné, la question est de savoir si la pandémie aura une influence sur l’environnement dans les années à venir, et comment. La Covid-19 pourrait induire une plus grande préoccupation pour la santé et, notamment, pour l’impact de l’environnement sur celle-ci. Les comportements pourraient ainsi changer du point de vue de la mobilité comme de la consommation.La pandémie pourrait aussi stimuler la part des investissements durables et, par ricochet, la stratégie des entreprises. Les modifications des chaînes de valeur mondiales peuvent aussi avoir un impact sur l’environnement. En matière de politique budgétaire, une opportunité se fait jour : relancer à court terme l’économie par des investissements qui contribueront à atteindre les objectifs liés au changement climatique et à la sauvegarde de l’environnement.

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Illustration Edito 20.27

La croissance en zone euro : sprint ou marathon ?

La récession de 2020 est unique en son genre et, sur la période récente, par son ampleur. La reprise qui suivra sera tout aussi exceptionnelle. Dans un premier temps, elle devrait être particulièrement vigoureuse, tirée par l’assouplissement des mesures de confinement. En 2021, la croissance devrait être tirée par la demande. La baisse de la demande induite par le confinement a créé une épargne forcée. Si les ménages venaient à la dépenser, la consommation augmenterait considérablement. Toutefois, une détérioration significative des perspectives d’emploi signifierait que l’épargne forcée accumulée pendant le confinement se transmuterait en épargne de précaution, avec pour cortège une croissance décevante et un cercle pernicieux.

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