William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas

Cycle économique

Comment évoluent la croissance économique, l’inflation, l’emploi dans un pays ou une région du monde ? William De Vijlder s’intéresse aux fluctuations cycliques d’une économie en phase de crise, d’expansion, de récession ou de reprise, dans une analyse conjoncturelle.

Dollar engrenage

Inflation aux États-Unis : toujours plus inconfortable

La hausse annuelle des prix à la consommation a atteint 5,3 % en juin aux Etats-Unis. Les facteurs de l’inflation restent très concentrés mais pourraient gagner d’autres secteurs. De plus en plus d’entreprises se plaignent d’une aggravation de la pression sur les prix. C’est aussi le signal que livre l’indice ISM. D’après les données historiques, une relation assez étroite peut être observée entre l’indicateur des pressions sur les prix et la hausse des prix à la production. Néanmoins, la transmission dépend de plusieurs facteurs tels que la politique de tarification, la position concurrentielle, les goulets d’étranglement sur le marché du travail. Les prochains mois seront décisifs pour la Réserve fédérale et les marchés financiers, compte tenu de la thèse défendue par la Fed jusque-là selon laquelle la hausse de l’inflation serait temporaire. Le marché obligataire s’est rangé à cet avis jusqu’ici mais sa sensibilité à une hausse surprise de l’inflation devrait être plus élevée que la normale

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Loading 2021

Tour d’horizon de la situation macro économique après 18 mois de pandémie

La convergence d’évolutions favorables a engendré au premier semestre 2021 une amélioration quasi générale du moral des chefs d’entreprises et des consommateurs des économies avancées. Les campagnes de vaccination ont accéléré leur rythme tandis que le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a chuté. La politique monétaire, qui est restée très accommodante, a aussi joué un rôle de même que la politique budgétaire qui a accru la marge de manœuvre des gouvernements pour soutenir leur économie. À travers les flux de capitaux et d’échanges internationaux, ces dynamiques ont eu des retombées internationales bénéfiques, amenant une amélioration marquée des carnets de commandes à l’exportation.

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Quelles perspectives au-delà du pic de croissance ?

Entreprises et consommateurs ont été nombreux à voir leurs perspectives s’améliorer dans les économies avancées au premier semestre, mais les enquêtes de conjoncture pourraient désormais marquer le pas. En variation trimestrielle, la croissance du PIB devrait culminer au troisième trimestre de cette année. Toutefois, sur la durée de notre horizon de prévision, qui s’étend jusqu’à la fin de l’année prochaine, la croissance trimestrielle devrait rester supérieure à son potentiel. Ces perspectives favorables pour l’économie réelle soulèvent des défis pour les marchés financiers. Les bonnes surprises sur le plan des performances bénéficiaires risquent de se raréfier. En outre, il va falloir composer avec les perspectives d’inflation. Si pour l’instant, ni la Réserve fédérale américaine ni les marchés ne paraissent s’en inquiéter, les chiffres de la croissance et de l’inflation devraient faire l’objet d’une attention particulière au cours des prochains mois, à mesure que l’on tentera de décrypter la trajectoire de la politique monétaire des États-Unis

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Economic Growth

Zone euro : chômage, confiance des consommateurs et dépenses des ménages

Le marché du travail devrait jouer un rôle crucial dans la reprise par son impact sur les revenus et les dépenses des ménages. À cet égard, plusieurs éléments incitent à l’optimisme. Les dernières enquêtes auprès des chefs d’entreprises indiquent une nouvelle hausse des intentions de recrutement tandis que les anticipations de chômage des ménages ont reculé en deçà de leur niveau prépandémie. Les intentions d’achats importants des ménages au cours des douze prochains mois ont déjà augmenté, une tendance qui devrait se poursuivre à la faveur de l’amélioration de la situation financière et de la diminution de l’incertitude sur le revenu.

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Stagflation

Le récit (infondé) de la stagflation en 2021

Après une croissance économique robuste aux États-Unis et dans la zone euro aux deuxième et troisième trimestres, l’activité devrait progressivement marquer le pas. Compte tenu de l’« acquis de croissance » au quatrième trimestre, le ralentissement perçu par rapport au troisième pourrait être bien plus significatif que ce que montrent les prévisions actuelles. Aux États-Unis, l’inflation élevée mettra du temps à reculer. Conjuguée à une décélération de la croissance, cette situation pourrait renforcer le récit de la stagflation. Cependant, celui-ci semble infondé : l’inflation devrait continuer à se replier au premier semestre de l’année prochaine et l’économie américaine, à croître au-dessus de son potentiel.

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EcoTVWeek du 25/06

Y a-t-il un risque de stagflation ? 

Les années 1970 resteront dans les annales comme la décennie de la stagflation, qui se définit comme une période de croissance molle, voire négative, et d’inflation historiquement élevée. Ce phénomène est principalement imputé aux deux chocs d’offre survenus sur le marché pétrolier, mais d’autres facteurs ont également joué un rôle. Au cours de cette année, la levée des restrictions liées à la Covid-19 a provoqué un déséquilibre entre l’offre et la demande, entraînant un rebond significatif de l’inflation. Certains craignent qu’après avoir été particulièrement robuste, la croissance marque le pas, tandis que l’inflation pourrait rester durablement élevée. Cela a donné lieu à des commentaires selon lesquels la stagflation, quoique en mode allégé, pourrait faire son retour. Ce risque semble, cependant, limité.

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Zone euro

Pic de croissance => pic de rendement obligataire ?

Historiquement, une corrélation très étroite a été observée entre les pics cycliques du climat économique allemand – qui depuis le début de l’euro coïncide plus ou moins avec le pic du climat économique de la zone euro – et le rendement du Bund à 10 ans. Ce dernier tend à diminuer, une fois le pic passé. Bien que d’autres facteurs jouent également un rôle dans la dynamique des taux d’intérêt à long terme, il est important de garder à l’esprit l’expérience historique quand il s’agit d’évaluer les perspectives de rendement des obligations.

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Printemps - bourgeons

Zone euro : le printemps est là

Les premiers signes de la reprise sont de plus en plus visibles dans la zone euro. Il est important de souligner que l’amélioration de la confiance gagne les différents secteurs d’activité ainsi que celui des ménages. Ces évolutions tiennent à plusieurs facteurs.

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Inflation

Inconfortable inflation

La récession économique globale provoquée par la pandémie de Covid-19 a été atypique et il semble que la reprise le sera également. Face à l’ampleur actuelle de la demande, l’offre peine à suivre et on observe une hausse de l’inflation. Cette accélération de la hausse des prix pourrait-elle être durable ?

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Illustration Blog 21.20

Ruptures d’approvisionnement et perspectives d’inflation

Dans les pays où les restrictions à la mobilité sont levées, la demande croît brusquement, provoquant un déséquilibre par rapport à l’offre. Celle-ci met en effet plus de temps à réagir, surtout lorsque les chaînes de valeur sont longues et complexes. Ces derniers mois, les entreprises disent subir des retards de livraison et une hausse du prix des intrants. D’après les données historiques des États-Unis et de la zone euro, l’effet sur l’inflation devrait être limité et temporaire. Néanmoins, sur les marchés obligataires le point mort d’inflation a augmenté significativement. Cela reflète l’inquiétude croissante des investisseurs vis-à-vis d’une possible hausse surprenante de l’inflation. En cas de relâchement des pressions sur l’offre, dans les prochains mois, on devrait donc s’attendre à une baisse du point mort d’inflation.

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Illustration EcoTV mai 2021

États-Unis : retour aux années 1970 ?

Dans le débat en cours sur la politique économique aux États-Unis, certains commentateurs s’alarment sur un possible retour aux années 70. C’était une période de chocs majeurs – passage à des taux de change flottants, deux crises pétrolières – marquée par une inflation élevée et accélérée et le rôle accru du gouvernement. Dans son discours d’investiture en janvier 1981, le président Reagan a fait valoir que « le gouvernement n’est pas la solution à notre problème; c’est le gouvernement qui est le problème ». Aujourd’hui, confrontée à de multiples défis, l’administration Biden intensifie son rôle et la politique monétaire reste très expansionniste malgré une forte accélération de la croissance. Pour certains observateurs, les risques d’inflation sont à la hausse, mais le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, estime qu’il s’agit d’un phénomène transitoire, ajoutant que, si cela devait perdurer, la politique de la Banque centrale serait ajustée : la Fed a tiré les leçons de la politique qu’elle a menée dans les années 70.

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Inflation

États-Unis : quels enseignements tirer de la « grande inflation » des années 1970 ?

De nombreux facteurs expliquent la « grande inflation » des années 1970. L’objectif politique du plein emploi, vers la fin des années 1960, avait déjà conduit à une inflation élevée, qui n’a fait que s’aggraver ensuite avec les deux chocs pétroliers et la dépréciation du dollar. Mais le facteur-clé a été une politique monétaire inadaptée aux circonstances. Elle reflétait l’idée selon laquelle la Réserve fédérale n’avait pas de mandat pour assumer la flambée du chômage qui aurait découlé d’un resserrement monétaire agressif visant la maîtrise de l’inflation. En outre, on estimait alors que l’inflation traduisait une hausse des prix par les coûts auquel un contrôle des salaires et des prix pouvait remédier. La situation est très différente aujourd’hui. La Fed est une banque centrale indépendante et les anticipations d’inflation sont bien ancrées. Cependant, une politique consistant à laisser l’économie surchauffer n’est pas sans rappeler la situation observée dans les années 1960. Si l’inflation reste trop longtemps supérieure à l’objectif, la Réserve fédérale devra avoir le courage de durcir sa politique monétaire malgré le coût que cela engendrerait pour l’économie.

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Dépenses ménages

Changement de modèles de consommation et Covid-19

La pandémie de Covid-19 a fortement impacté les dépenses de consommation des ménages, dont les volumes ont baissé et la composition a été profondément modifiée. Avec la levée progressive des restrictions, certains services, comme les loisirs, la restauration et l’hôtellerie, qui ont connu une chute de la demande due aux mesures de restriction, pourraient tirer leur épingle du jeu au détriment – en termes relatifs tout au moins – des dépenses en biens. La demande contenue constitue un facteur déterminant de la vigueur du début de la reprise. Elle joue, cependant, un rôle moins décisif dans le secteur des services. Ainsi, les pays avec un important secteur des services, après avoir pâti des mesures de restriction, pourraient connaître un redressement plus difficile que les autres.

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EcoTV Avril 2021

Conjoncture économique : un sentiment de printemps

Les statistiques économiques de ces premiers mois sont meilleures que prévu, y compris au Japon et dans la zone euro. Cette embellie gagne, en outre, toujours plus de secteurs. Comme le montrent les enquêtes de conjoncture, les chefs d’entreprise ont de plus en plus le sentiment de commencer à « voir le bout du tunnel ».

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Illustration édito EcoP

La certitude que l’incertitude finira par baisser

Dans beaucoup de pays, le nombre de contaminations est reparti à la hausse, obligeant le maintien, voire le resserrement des mesures sanitaires. C’est le cas, entre autres, en zone euro où le redémarrage de l’activité et de la demande est une nouvelle fois reporté. Il s’amorcera essentiellement grâce à l’efficacité des mesures restrictives, l’accélération de la vaccination mais aussi l’effet d’entraînement des partenaires commerciaux dont l’économie redémarre plus vite. C’est le cas des États-Unis grâce au succès du programme de vaccination et du plan de relance conséquent qui vient d’être déployé. L’influence américaine ne se limite pas aux opportunités commerciales pour les exportateurs européens. Ainsi, les taux longs en zone euro ont suivi, en partie, la hausse des rendements obligataires américains. Celle-ci reflète surtout une hausse des attentes inflationnistes, tandis que la Réserve fédérale estime qu’il devrait s’agir d’un phénomène passager. Les entreprises et les ménages devront se féliciter de la nervosité du monde obligataire. Il témoigne du sentiment que l’économie ira bientôt vraiment mieux.

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Edito 21.13

Va-t-on vers une reconnexion entre la croissance de la masse monétaire et l’inflation ?

Depuis la Grande récession, la base monétaire a considérablement augmenté dans plusieurs économies avancées du fait de la constitution de réserves bancaires auprès des banques centrales. Cependant, cela ne s’est pas accompagné d’un rebond significatif de l’inflation comme ce fut le cas par le passé. Dans le sillage de la crise financière mondiale, la demande de réserves de banque centrale, émanant du système bancaire, s’est nettement accrue en raison de l’état critique de l’économie et du marchés monétaire. Les nouvelles règles concernant la liquidité bancaire ont également joué un rôle. Par la suite, l’assouplissement quantitatif a provoqué une augmentation des réserves à l’initiative des banques centrales. À terme, avec le redressement de l’économie, le lien entre croissance de la masse monétaire et inflation pourrait se rétablir sous l’effet de l’accélération de la circulation de la monnaie ou celle de la croissance de la demande de crédit. Les banques centrales disposent des moyens nécessaires pour y faire face. Les marchés d’actifs, en revanche, pourraient être moins à l’aise avec cette perspective.

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Inflation

États-Unis : nervosité sur les perspectives d’inflation à court terme

Ces derniers mois, les directeurs d’achat de la zone euro et des États-Unis ont fait état d’une hausse significative des prix des intrants ainsi que d’un allongement des délais de livraison. Ces évolutions reflètent l’effet perturbateur de la pandémie, l’offre ayant du mal à répondre au redressement de la demande. Selon une enquête de la Fed d’Atlanta, les entreprises qui connaissent les plus fortes perturbations sont, en général, celles dont les anticipations d’inflation sont les plus élevées. Seront-elles pour autant prêtes à relever leurs prix de vente ? Cela reste à voir. La Réserve fédérale n’a pas d’inquiétude à cet égard. Aux Etats-Unis, la nervosité sera néanmoins grande au second semestre à l’occasion de la publication des données sur l’inflation alors que l’économie devrait être en mesure de combler rapidement son écart de production (output gap).

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