William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas

Risques associés à une inflation transitoire mais élevée

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Illustration blog EcoP Quarter 4 2021

Une bonne santé sous-jacente, mais des nuages s’amoncellent

D’après les données récentes, la confiance des entreprises et des ménages est en hausse, et la croissance du PIB réel devrait ralentir tout en restant bien supérieure au potentiel. Les interactions entre les dépenses, les bénéfices des entreprises et l’emploi, alors que conditions monétaires et financières sont favorables, constituent un facteur-clé. Pour utiliser une métaphore courante, le ciel semblait jusqu’à présent dégagé mais les nuages s’amoncellent. Les banques centrales devraient durcir le ton. Aux États-Unis, les dissensions politiques influencent l’agenda économique du président Biden, tandis que la Chine traverse une phase d’ajustements majeure. Surtout, les goulets d’étranglements continuent de peser sur la croissance, tandis que la flambée des prix du gaz et du pétrole nourrit l’inquiétude d’une inflation forte durablement.

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Illustration Edito 21.36

« Market timing », borne zéro et assouplissement quantitatif

Une opération réussie de market timing entre actions et liquidités suppose un niveau de compétence élevé. Un pré-requis qui s’accentue avec la grande faiblesse des taux directeurs, par leur impact sur les taux du marché, qui dissuade les investisseurs de recourir à ce type d’opération. Il en est de même de l’assouplissement quantitatif. Ces questions jouent un rôle important du point de vue de la stabilité financière. La frilosité de plus en plus grande des investisseurs à l’égard de ces opérations réduit probablement la volatilité des marchés actions et conduit à un accroissement de la valorisation. Or, une moindre volatilité crée un sentiment de sécurité fictif tandis qu’une valorisation des actions plus élevée renforce la sensibilité aux mauvaises nouvelles et, par conséquent, le niveau de risque.

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Edito 21.35

 La mauvaise inflation brouille les perspectives économiques

Lorsque, en phase d’expansion de l’activité, l’inflation est tirée par la demande, on parle de bonne inflation. Mais il existe aussi une mauvaise inflation. Dans ce cas, la hausse des prix ne découle pas, par exemple, de l’augmentation des salaires consécutive à un marché du travail tendu. La mauvaise inflation est davantage le résultat de chocs d’offre. C’est, dans une certaine mesure, le cas actuellement dans la zone euro et dans d’autres économies du fait de la flambée récente des prix du pétrole et du gaz. La mauvaise inflation pèse sur le revenu disponible réel et, donc, sur les dépenses des ménages. L’impact devrait être plus important encore pour les plus bas revenus. En effet, ces ménages consacrent une part plus importante de leurs dépenses au au chauffage et aux carburants. Ils affichent également un taux d’épargne plus faible.

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Euro vs dollar

Désynchronisation monétaire : un casse-tête en perspective ?

La désynchronisation monétaire entre les États-Unis et la zone euro semble inévitable. Elle résulte d’évolutions très différentes en termes d’inflation. Quant à savoir si elle compliquera la tâche de la Banque centrale européenne pour atteindre son objectif d’inflation, l’influence des conditions financières dans la zone euro sera ici décisive à court terme. Dans l’ensemble, l’effet net devrait être limité. Les exportations devraient jouer un plus grand rôle à moyen terme, une fois que le cycle de resserrement monétaire aux États-Unis sera bien engagé. La croissance de la demande intérieure américaine va alors ralentir, ce qui pèsera sur les importations et, donc, sur les exportations de la zone euro vers les États-Unis. Une telle évolution compliquerait la tâche de la BCE si, à ce moment-là, l’inflation n’avait pas encore atteint son objectif.

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Banque centrale européenne

Zone euro : orientation à la hausse des risques inflationnistes

Malgré le relâchement récent des tensions élevées sur les prix dans l’industrie manufacturière de la zone euro, les analystes craignent une inflation durablement plus élevée que par le passé. La BCE semble de plus en plus partager ce point de vue, ce qui a son importance dans la perspective de la réunion du Conseil des gouverneurs de décembre. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la hausse des prix des intrants auront-elles un effet durable sur l’inflation ? Cela dépendra de leur transmission au reste de l’économie. On peut s’attendre à ce qu’elle soit plus marquée sous l’effet conjugué d’une demande vigoureuse, de la faiblesse des stocks et de l’allongement des délais d’approvisionnement. C’est la situation qui prévaut actuellement dans les secteurs des biens de consommation durables, des biens intermédiaires et des biens d’équipement. Mais peut-être l’inflation surprendra-t-elle, après tout, à la hausse à court terme.

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bce

BCE : une orientation accommodante dont on ne voit pas la fin

Les nouvelles projections macroéconomiques de la Banque centrale européenne ont de quoi refroidir l’optimisme des épargnants, qui espéraient que plusieurs années de croissance supérieure au potentiel ouvriraient la voie à un relèvement des taux directeurs. Il est clair qu’au stade actuel, certaines conditions des indications prospectives (forward guidance) sur les taux d’intérêt, qui ont été récemment révisées, ne sont pas remplies. À en juger par les dernières projections de la BCE, ce devrait être encore le cas en 2023, même dans l’hypothèse d’un scénario de reprise en douceur. La lente augmentation de l’inflation sous-jacente ne sera probablement pas estimée satisfaisante. Les épargnants n’ont plus qu’à espérer que l’interaction entre croissance et inflation évolue ou que les projections de la BCE se révèlent trop prudentes.

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Illustration article Agefi septembre 2021

Les coûts visibles et cachés du manque d’espace budgétaire des Etats

L’augmentation considérable de l’endettement du secteur public, due à la pandémie, était une conséquence inéluctable des stabilisateurs automatiques étant donné le rôle de ces derniers. Elle était également salutaire voire indispensable, eu égard au rôle clé des mesures prises par les gouvernements pour soutenir les agents économiques et relancer la demande. Cette hausse suscite néanmoins la question de la voie à suivre en matière de politique budgétaire dans les années à venir.

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FED

La Réserve fédérale adapte sa forward guidance : la BCE va-t-elle lui emboîter le pas ?

Dans la première phase de l’assouplissement quantitatif, les marchés financiers considèrent que la forward guidance sur les rachats d’actifs et celle sur les taux directeurs sont étroitement liées. Cela génère un renforcement mutuel de ces deux instruments. Par la suite, la crainte que cet effet de signal agisse aussi dans l’autre sens peut se renforcer. La réduction des achats mensuels d’actifs peut être interprétée comme l’annonce d’un relèvement prochain des taux, une fois que les achats nets auront pris fin. Aux États-Unis, Jerome Powell a été très clair : une réduction progressive des achats d’actifs n’annoncerait pas un changement de perspective pour les taux des Fed funds. Dans la zone euro, les deux types d’indications prospectives sont explicitement liés, ce qui pourrait compliquer la réduction des achats mensuels d’actifs face aux anticipations de taux d’intérêt. Au moment de prendre une décision concernant le PEPP, il serait bon de revoir le lien entre les indications sur l’APP et celles sur les taux.

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Vitesse croissance

La croissance économique atteint sa vitesse limite

À en juger par les récentes enquêtes de conjoncture, bon nombre d’économies avancées atteindraient leur vitesse limite en termes de croissance économique, ce qui n’est pas sans conséquences. Il en résulte un risque haussier d’inflation que reconnaissent aussi bien la Réserve fédérale américaine que la BCE. Les pénuries de main-d’œuvre peuvent accélérer les hausses de salaires, mais aussi soutenir la confiance et la consommation des ménages. De plus, les goulets d’étranglement du côté de l’offre devraient stimuler l’investissement des entreprises. Toutefois, à terme, atteindre la vitesse limite peut être source de volatilité économique ultérieure. Enfin, cela peut compliquer l’analyse lorsque l’on cherche à savoir si le fléchissement du moral des chefs d’entreprises est dû à la demande ou à l’offre.

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Dollar engrenage

Inflation aux États-Unis : toujours plus inconfortable

La hausse annuelle des prix à la consommation a atteint 5,3 % en juin aux Etats-Unis. Les facteurs de l’inflation restent très concentrés mais pourraient gagner d’autres secteurs. De plus en plus d’entreprises se plaignent d’une aggravation de la pression sur les prix. C’est aussi le signal que livre l’indice ISM. D’après les données historiques, une relation assez étroite peut être observée entre l’indicateur des pressions sur les prix et la hausse des prix à la production. Néanmoins, la transmission dépend de plusieurs facteurs tels que la politique de tarification, la position concurrentielle, les goulets d’étranglement sur le marché du travail. Les prochains mois seront décisifs pour la Réserve fédérale et les marchés financiers, compte tenu de la thèse défendue par la Fed jusque-là selon laquelle la hausse de l’inflation serait temporaire. Le marché obligataire s’est rangé à cet avis jusqu’ici mais sa sensibilité à une hausse surprise de l’inflation devrait être plus élevée que la normale

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William De Vijlder

Perspectives économiques pour le second semestre : ce n’est pas terminé

La conjonction d’évolutions favorables a conduit au cours du premier semestre à une amélioration généralisée de la confiance des entreprises et des consommateurs dans les économies avancées : campagnes de vaccination réussies, baisse du nombre de nouvelles infections, soutien continu des politiques budgétaire et monétaire et retombées positives à l’échelle internationale. Progressivement, la reprise « mécanique » dans les secteurs qui avaient auparavant souffert des restrictions devrait se ralentir. Les goulots d’étranglement et certaines augmentations de prix pourraient agir comme un vent contraire. Le cycle de croissance, malgré un ralentissement graduel, est loin d’être achevé, mais la lutte contre la COVID-19 ne l’est pas davantage. On craint de plus en plus que de nouveaux variants entraînent des comportements de précaution, freinant certaines catégories de dépenses. Cette préoccupation a déjà provoqué une baisse importante des rendements obligataires, malgré la crainte que l’inflation aux États-Unis reste élevée plus durablement. Cela signifie également que les orientations de la politique des banques centrales seront un point clé d’attention au cours du second semestre de l’année.

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Loading 2021

Tour d’horizon de la situation macro économique après 18 mois de pandémie

La convergence d’évolutions favorables a engendré au premier semestre 2021 une amélioration quasi générale du moral des chefs d’entreprises et des consommateurs des économies avancées. Les campagnes de vaccination ont accéléré leur rythme tandis que le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a chuté. La politique monétaire, qui est restée très accommodante, a aussi joué un rôle de même que la politique budgétaire qui a accru la marge de manœuvre des gouvernements pour soutenir leur économie. À travers les flux de capitaux et d’échanges internationaux, ces dynamiques ont eu des retombées internationales bénéfiques, amenant une amélioration marquée des carnets de commandes à l’exportation.

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FED

Marché des Treasuries : prudence !

Le repli significatif des rendements des obligations d’État américaines par rapport au pic atteint à la fin mars laisse perplexe au vu des prévisions de croissance et des données récentes sur l’inflation. Ce recul semble indiquer que les investisseurs se rangent à l’avis de la Fed, selon laquelle l’inflation va baisser. Il reflète également le ralentissement des données de ces dernières semaines, laissant supposer que les marchés accordent plus d’importance à la variation du taux de croissance qu’à son niveau. La sensibilité des rendements obligataires aux données économiques évolue par cycles. Comme par le passé, une politique monétaire américaine moins accommodante pourrait venir renforcer cette sensibilité car ces données façonneront les anticipations de politique [monétaire] plus restrictive ou non. Auparavant, elle pourrait être accrue par une inflation durablement supérieure à l’objectif du FOMC en 2022.

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Revue stratégique de la BCE : « Nous vous avons entendu et vous avons écouté »

Les conclusions de la revue stratégique de la BCE montrent que le Conseil des gouverneurs a écouté attentivement les propos de son auditoire. Son objectif d’inflation est désormais vraiment symétrique, levant ainsi toute ambiguïté sur la perception que son précédent objectif était asymétrique. Trois autres changements se font l’écho des points abondamment commentés lors des manifestations de sensibilisation organisées par l’Eurosystème. Le coût des logements occupés par leur propriétaire sera pris en compte dans l’évaluation du contexte d’inflation. La communication sera orientée vers un public plus large et une décision a été prise de s’engager dans un plan d’action ambitieux en matière de climat. Retour désormais à la lourde tâche d’essayer de faire grimper l’inflation à 2%.

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Quelles perspectives au-delà du pic de croissance ?

Entreprises et consommateurs ont été nombreux à voir leurs perspectives s’améliorer dans les économies avancées au premier semestre, mais les enquêtes de conjoncture pourraient désormais marquer le pas. En variation trimestrielle, la croissance du PIB devrait culminer au troisième trimestre de cette année. Toutefois, sur la durée de notre horizon de prévision, qui s’étend jusqu’à la fin de l’année prochaine, la croissance trimestrielle devrait rester supérieure à son potentiel. Ces perspectives favorables pour l’économie réelle soulèvent des défis pour les marchés financiers. Les bonnes surprises sur le plan des performances bénéficiaires risquent de se raréfier. En outre, il va falloir composer avec les perspectives d’inflation. Si pour l’instant, ni la Réserve fédérale américaine ni les marchés ne paraissent s’en inquiéter, les chiffres de la croissance et de l’inflation devraient faire l’objet d’une attention particulière au cours des prochains mois, à mesure que l’on tentera de décrypter la trajectoire de la politique monétaire des États-Unis

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Economic Growth

Zone euro : chômage, confiance des consommateurs et dépenses des ménages

Le marché du travail devrait jouer un rôle crucial dans la reprise par son impact sur les revenus et les dépenses des ménages. À cet égard, plusieurs éléments incitent à l’optimisme. Les dernières enquêtes auprès des chefs d’entreprises indiquent une nouvelle hausse des intentions de recrutement tandis que les anticipations de chômage des ménages ont reculé en deçà de leur niveau prépandémie. Les intentions d’achats importants des ménages au cours des douze prochains mois ont déjà augmenté, une tendance qui devrait se poursuivre à la faveur de l’amélioration de la situation financière et de la diminution de l’incertitude sur le revenu.

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Stagflation

Le récit (infondé) de la stagflation en 2021

Après une croissance économique robuste aux États-Unis et dans la zone euro aux deuxième et troisième trimestres, l’activité devrait progressivement marquer le pas. Compte tenu de l’« acquis de croissance » au quatrième trimestre, le ralentissement perçu par rapport au troisième pourrait être bien plus significatif que ce que montrent les prévisions actuelles. Aux États-Unis, l’inflation élevée mettra du temps à reculer. Conjuguée à une décélération de la croissance, cette situation pourrait renforcer le récit de la stagflation. Cependant, celui-ci semble infondé : l’inflation devrait continuer à se replier au premier semestre de l’année prochaine et l’économie américaine, à croître au-dessus de son potentiel.

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EcoTVWeek du 25/06

Y a-t-il un risque de stagflation ? 

Les années 1970 resteront dans les annales comme la décennie de la stagflation, qui se définit comme une période de croissance molle, voire négative, et d’inflation historiquement élevée. Ce phénomène est principalement imputé aux deux chocs d’offre survenus sur le marché pétrolier, mais d’autres facteurs ont également joué un rôle. Au cours de cette année, la levée des restrictions liées à la Covid-19 a provoqué un déséquilibre entre l’offre et la demande, entraînant un rebond significatif de l’inflation. Certains craignent qu’après avoir été particulièrement robuste, la croissance marque le pas, tandis que l’inflation pourrait rester durablement élevée. Cela a donné lieu à des commentaires selon lesquels la stagflation, quoique en mode allégé, pourrait faire son retour. Ce risque semble, cependant, limité.

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FOMC

Réserve fédérale : une meilleure crédibilité

Les membres du FOMC sont plus nombreux qu’avant à anticiper un relèvement des taux en 2022 et Jerome Powell a clairement indiqué, lors de sa conférence de presse, qu’une réduction progressive du programme d’achats de titres (« tapering ») serait mise en place si les circonstances l’exigent. Cependant, les rendements des obligations d’État américaines à 10 ans, après une remontée initiale, se sont négociés en deçà du niveau précédant la réunion du FOMC. Les points morts d’inflation ont également baissé. Les investisseurs obligataires semblent partager l’opinion de la Réserve fédérale selon laquelle le taux actuellement élevé de l’inflation sera temporaire. C’est ce qui explique également le repli du cours de l’or. La réaction négative des marchés actions reflète une augmentation de la prime de risque demandée et témoigne d’une certaine inquiétude quant à l’impact d’une politique monétaire moins accommodante sur les perspectives de croissance.

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A propos de William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas
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