L’indice publié récemment par l’Institute of Supply Management (ISM) aux Etats-Unis confirme les difficultés du secteur manufacturier américain tombé à 48,6 points en novembre, contre 50,1 le mois précédent. Par le passé, ce passage sous les 50 points s’était traduit par la contraction de l’industrie manufacturière. La conjoncture est, en revanche, bien meilleure dans la zone euro. En novembre, l’indice Markit des directeurs d’achats (PMI) a ainsi atteint 52,8 points, soit une progression de 0,5 point par rapport à octobre. Les sous-séries production, commandes et emploi étaient toutes en hausse en novembre.

La courbe noire du graphique ci-dessous montre l’évolution de l’écart entre l’indice ISM américain et l’indice PMI de la zone euro. On constate une forte volatilité et, depuis mi-2014, une amélioration marquée pour la zone euro par rapport aux Etats-Unis, l’indice américain passant sous le PMI. La baisse de l’euro face au dollar US ayant démarré au printemps 2014, il convient de s’interroger sur le lien éventuel entre l’évolution de la parité EUR/USD (courbe verte) et les écarts entre les indices ISM et PMI.

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La forte corrélation depuis mi-2014 est frappante : la faiblesse de l’euro aurait donc donné une impulsion au secteur manufacturier, contrairement à ce qui se passait aux Etats-Unis en réaction à un dollar fort. Dans une perspective plus longue, on observe d’autres périodes de forte corrélation (entre 2001 et fin 2003 avec une amélioration relative aux Etats-Unis tandis que l’euro se renforçait, également observée entre 2007 et début 2008, et en 2009). Il y a, bien sûr, eu quelques exceptions et c’est une façon finalement plutôt simple d’expliquer la différence entre le momentum cyclique des Etats-Unis et celui de la zone euro. Il n’empêche que récemment la corrélation a été forte et ceci peut influencer la Réserve fédérale lorsqu’elle fixe la rapidité de son cycle de resserrement.