Ces derniers mois, la presse financière a beaucoup écrit sur le ralentissement de la croissance chinoise, les hésitations de la Réserve fédérale américaine et la volonté de la BCE d’assouplir davantage si nécessaire. Ces trois sujets nous rappellent les dichotomies à l’œuvre dans l’économie mondiale.

Le graphique ci-dessous, basé sur l’indice Markit des directeurs d’achats, permet de le visualiser au niveau des Etats-Unis, de la zone euro et des pays en développement, entre janvier 2014 et septembre ou octobre 2015.

chart30oct2015

L’axe horizontal montre l’indice manufacturier PMI, l’axe vertical celui des services PMI. Cette présentation permet de : 1/ comparer les régions selon ces deux secteurs ; 2/ voir la dynamique par région et par secteur ; 3/ observer dans une région donnée l’évolution du secteur manufacturier par rapport à celui des services. Si les points étaient sur la diagonale, cela impliquerait que les résultats des deux indices seraient identiques de façon continue, et donc qu’ils auraient monté ou baissé conjointement.

Le graphique montre, qu’en réalité, cela n’a pas été le cas. Ceci n’est d’ailleurs pas une surprise. Plus concrètement, on observe :

  1. Sur toute la période, les données relatives aux deux secteurs sont meilleures pour les Etats-Unis que pour la zone euro et les marchés émergents.
  2. Pour les deux secteurs, les résultats de la zone euro ont été le plus souvent meilleurs que dans les marchés émergents.
  3. Pour les Etats-Unis, les données pour les deux secteurs ont connu une amplitude assez considérable et, en conséquence, les attentes en termes de politique monétaire ont beaucoup fluctuées. Globalement, on observe un ralentissement des deux secteurs. Toutefois les indices PMI restent élevés.
  4. La zone euro a d’abord connu une baisse de son indice PMI manufacturier, puis des deux indices (les points s’orientant vers le sud-ouest), avant qu’ils ne remontent (les points s’orientant vers le nord-est).
  5. Les indices PMI des économies en développement ont baissé pour les deux secteurs.

Ces écarts ont impacté les marchés financiers (actions, obligations, devises) et continueront d’influencer les prévisions de politique monétaire. L’écart le plus notable ici étant celui entre la Fed et la BCE.

 

30 octobre 2015