Relativement aux années précédentes, les perspectives économiques de la zone euro semblent prometteuses pour 2015 et 2016. La pérennité de la reprise sera fonction du comportement des investissements des entreprises. Ces derniers devraient, au final, connaître une accélération plus forte que le PIB avec le redressement de la croissance. C’est ce que l’on appelle l’effet d’accélérateur.

Le graphique suivant compare, pour un certain nombre de pays, la croissance du PIB réel cumulé depuis la fin de 2008 et le taux de croissance réel cumulé des investissements des entreprises en machines-outils et équipements.

Corporate investments

Plusieurs conclusions s’imposent :

  1. Comme on pouvait s’y attendre, il existe une corrélation positive (certes, le nombre de données observées est faible)
  2. Les chiffres relatifs à la Grèce montrent à quel point la récession a été sévère
  3. Les pays de la zone euro ont, pour la plupart, accusé une baisse cumulée des investissements industriels ; autrement dit, l’amélioration récente n’a pas encore compensé le repli des investissements des entreprises lors des deux récessions que nous avons connues depuis 2008
  4. Même dans les pays de la zone euro qui affichent une croissance cumulée du PIB, on observe toujours une baisse cumulée des investissements. L’Allemagne en est l’exemple le plus frappant.
  5. Au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Irlande, nous observons un accélérateur à l’œuvre : la croissance des investissements excède celle du PIB.

Le comportement des investissements des entreprises est peut-être imputable à deux facteurs : dans la zone euro, les incertitudes ont pesé sur la propension des entreprises à investir et la reprise reste trop récente pour justifier une augmentation significative des investissements industriels, d’autant que l’« output gap » est très négatif. A en juger par l’expérience des États-Unis et du Royaume-Uni, la poursuite de la reprise devrait finir par stimuler les activités d’investissement.