Lundi 3 mars 2014 

Londres

L’évolution de la situation en Ukraine, et plus particulièrement en Crimée, secoue les marchés financiers selon le schéma traditionnel: les actions sont en baisse et l’Europe sous-performe, l’euro a perdu du terrain face au dollar américain, le franc suisse s’est raffermi, l’or et le pétrole sont en légère hausse et les rendements obligataires se sont repliés à la suite de l’engouement pour les valeurs refuge. Dans le futur, ce jour sera cité comme un cas d’école sur la façon dont les marchés reflètent la montée des tensions géopolitiques. Néanmoins, la réaction des marchés semble assez modérée, à l’exception de l’indice EURO STOXX, dont la baisse s’est accélérée vers la fin de la séance.

Mardi 4 mars 2014 

Londres

Les marchés ont commencé à se stabiliser après la correction de la veille. Le risque politique semble pour l’heure avoir été anticipé, mais la situation peut changer d’heure en heure.

Mercredi 5 mars 2014

Paris

J’enregistre ma nouvelle vidéo mensuelle. Elle est consacrée aux actions européennes et aux raisons qui leur permettront de surperformer le marché américain: valorisations plus attrayantes, croissance bénéficiaire attendue plus rapide, marges bénéficiaires plus faibles et potentiel haussier par conséquent plus élevé, plus grande diversification internationale des revenus et divergences favorables en termes de politique monétaire (durcissement monétaire progressif aux États-Unis avec la possibilité d’une bonne surprise pour les marchés de la part de la BCE). 

Jeudi 6 mars 2014 

Paris

Je suis la conférence de presse de Mario Draghi après la réunion de la BCE en direct sur Internet. Même si je ne m’attendais pas à des étincelles en termes de décision politique compte tenu de l’amélioration des indicateurs cycliques de la zone euro, ce n’est pas tant la décision de ne rien changer qui déçoit, mais plutôt ses déclarations durant la séance de questions-réponses. Il est vrai que le conseil des gouverneurs de la BCE s’accorde sur le maintien des indications prévisionnelles et de la stratégie qui s’y rattache (maintien des taux au niveau actuel, voire plus bas si nécessaire) malgré l’amélioration continue des chiffres économiques. Toutefois, Mario Draghi précise que cela signifie que la BCE acceptera la baisse des taux d’intérêt réels qui résulterait d’un sursaut de l’inflation à mesure que l’économie se redresse. On peut difficilement parler d’agressivité. Dans l’intervalle, les prévisions d’inflation de la BCE pour 2016 sont à présent inférieures à celles de l’enquête auprès des prévisionnistes professionnels (1,5% contre 1,7%). Ces derniers sont donc de toute évidence soit plus optimistes à propos de l’économie, soit ils prévoient une intervention de la BCE à un moment donné. Je parie sur la seconde interprétation. 

Vendredi 7 mars 2014 

Bruxelles

Lors de notre conversation téléphonique mensuelle, notre CIO Actions indonésiennes basé à Jakarta m’explique ce qu’il présume être les raisons de la forte performance du marché ces dernières semaines. Un facteur décisif a été l’amélioration des chiffres économiques (balance commerciale excédentaire depuis le mois d’octobre, chute de l’inflation) qui a entraîné le retour des investisseurs internationaux. Alors que les actions indiennes ont attiré les investisseurs étrangers comme des aimants au 4e trimestre 2013, il semble que ce soit à présent le tour des actions indonésiennes.

 

William De Vijlder

Vice – Chairman de BNP Paribas Investment Partners