Lundi 17 février 2014 

Zurich

Réunions clients où nous débattons des problèmes de communication des banques centrales. La Fed et la Banque d’Angleterre doivent abandonner les indications prévisionnelles sur la base des statistiques à présent que les seuils fixés pour le chômage ont quasiment été atteints. Le retour à un style de communication plus flou implique une plus grande incertitude pour les marchés. La BCE a en revanche indiqué par le passé qu’elle disposait encore de nombreux instruments, mais les marchés remettent de plus en plus en question ces affirmations, peut-être par impatience.

Mardi 18 février 2014

Londres

Je discute avec notre équipe Multi Asset Solutions d’un éventuel cercle vicieux de la dette émergente: la dépréciation des devises pèserait sur la rentabilité des entreprises au point d’entraîner des asymétries de devises, qui gonfleraient la part d’emprunts bancaires improductifs et plomberaient l’offre de crédit domestique ainsi que la croissance. À voir si la situation évolue en ce sens.

Mercredi 19 février 2014 

Paris

Cedric Scholtes, un collègue de FFTW, notre spécialiste des produits de taux mondiaux, m’accompagne durant ma présentation à des clients institutionnels français. Cedric travaille à New York et est donc idéalement situé pour apporter des preuves empiriques du « vortex polaire » et surtout, pour expliquer pourquoi la croissance devrait être bien meilleure cette année: la pression budgétaire est moins forte qu’en 2013, la formation des ménages soutiendra les dépenses de biens durables et la construction résidentielle, le stock de logements est faible, les dépenses d’investissement des entreprises devraient reprendre. 

Jeudi 20 février 2014 

Paris

J’enregistre ma nouvelle vidéo mensuelle. Sujet: « Quand les attentes inflationnistes perdront leur ancrage, il sera trop tard ». Les attentes inflationnistes à long terme sont une variable lente, donc si la banque centrale y accorde beaucoup d’importance dans le cadre de ses décisions d’intervention et se montre donc réticente à plus de souplesse, elle court le risque d’assouplir trop tard sa politique. L’Ukraine fait la une de l’actualité avec des nouvelles qui s’assombrissent d’heure en heure. 

Vendredi 21 février 2014 

Bruxelles

Je me rends à une interview pour Kanaal Z, une chaîne de télévision financière belge, qui m’interroge sur la façon dont les marchés gèrent l’incertitude géopolitique. Ce sujet a été choisi en rapport avec les événements politiques en Ukraine. Je fais remarquer que, jusqu’à présent, le problème se limite à un pays et que l’effet de contagion a été minime. En revanche, si l’approvisionnement en gaz de l’Europe était menacé, la réaction du marché serait vive. Pour vous donner une idée de la vitesse d’évolution de la situation: le temps que l’interview se termine, j’ai pu constater sur Twitter que les différentes parties avaient conclu l’accord négocié plutôt dans la journée.

Dans la soirée, je lis un article sur le site du New York Times à propos des transcriptions des réunions du FOMC de 2008. Elles viennent d’être publiées et donnent un constat édifiant de la difficulté d’évaluer la dynamique d’une économie et de sa réaction aux chocs économiques. L’article comporte aussi des paragraphes intéressants sur l’utilisation de preuves empiriques pour évaluer l’état de l’économie (comme pour une chirurgie esthétique ou un traitement dentaire coûteux) et sur la manière dont la Fed a remarqué une augmentation des attentes inflationnistes. Je recommande vivement de le lire: http://economix.blogs.nytimes.com/2014/02/21/live-blog-inside-the-feds-2008-proceedings/?_php=true&_type=blogs&_php=true&_type=blogs&hp&_r=1.

 

William De Vijlder

Vice – Chairman de BNP Paribas Investment Partners