Lundi 11 novembre 2013 

Jour de l’Armistice

Je suis allé voir un film avec ma femme hier. La bande-annonce du film était meilleure que le film lui-même! Une publicité pour une compagnie d’assurance diffusée avant le début du film a néanmoins retenu mon attention. Elle tentait de sensibiliser les gens sur la nécessité d’épargner pour leur retraite. Elle mettait en scène une dame âgée avec un déambulateur qui devait reprendre le même travail qu’elle occupait en tant qu’étudiante: vendre des glaces dans les cinémas pour compenser sa maigre pension. Cynique mais révélateur.

Mardi 12 novembre 2013 

Londres

Je suis orateur à une conférence européenne sur les produits structurés et parle du rôle de ces derniers dans le contexte de la normalisation de la politique monétaire (qui est un euphémisme pour « cesser d’imprimer des billets et commencez à relever les taux »). Un tel contexte attisera la volatilité du marché et affectera la fiabilité des indicateurs de market timing. Par conséquent, il est recommandé de compléter l’allocation d’actifs par du market timing basé sur des règles quantitatives (gestion du risque sous forme d’overlay) et des instruments caractérisés par un payoff convexe, tels que les obligations convertibles et certains produits structurés. Ces produits peuvent aussi être utilisés à des fins opportunistes où ils combinent généralement l’achat d’options d’achat et la vente d’options hors de la monnaie.

Mercredi 13 novembre 2013 

Londres

Je discute avec nos gérants en produits de taux. Trois points sont à retenir : 1) les obligations d’entreprises émergentes offrent un meilleur rendement que celles des économies développées pour une notation équivalente. 2) le point mort d’inflation des titres indexés sur l’inflation a considérablement baissé (environ 1,3% actuellement), et suit donc la tendance baissière de l’inflation réalisée. Il semble à présent plus intéressant sur le long terme. 3) le débat se poursuit quant à savoir si le début de l’allégement du programme d’assouplissement quantitatif agitera ou non les pays émergents qui affichent un compte courant en négatif.

Les propos de Peter Praet de la BCE sont repris sur Twitter et suggèrent la possibilité de taux de dépôt négatifs et de rachats d’actifs. Il semble que le but soit la dépréciation de l’euro, et ça marche (du moins aujourd’hui).

Amsterdam dans la soirée.

J’assiste à un dîner VIP de la conférence World Pension Fund Summit. Mon voisin de table est un professeur néerlandais qui résume parfaitement le problème de l’économie de son pays: 1) des actifs important (dans des fonds de pension) et des créances (hypothécaires) élevées, 2) des ratios de quotité de financement historiquement très élevés de sorte que bon nombre de prêts hypothécaires sont actuellement trop élevés par rapport à la valeur en baisse du bien, ce qui diminue la mobilité (au sein du marché du travail), et 3) ces problèmes pèsent sur la confiance des consommateurs et partant, sur la croissance économique.

De retour à l’hôtel, je regarde CNBC pour voir si un nouveau record a été battu à Wall Street. Entre-temps, les remarques préparées par Janet Yellen pour son audience de confirmation valident l’hypothèse d’une attitude accommodante. Les actions sont en hausse et le dollar est en berne. 

Jeudi 14 novembre 2013

Amsterdam

Je suis à la conférence World Pension Fund Summit où je prends la parole à propos des conséquences macro- et microéconomiques de l’individualisation du risque financier et de l’attitude à adopter à cet égard. Le terme « individualisation » signifie que les risques financiers qui étaient précédemment partagés (via un fonds de pension à prestations définies d’une entreprise ou via un premier pilier important (la pension légale)) le sont de moins en moins en raison du passage à des régimes de retraite à cotisations déterminées et de l’augmentation de l’âge de la retraite (qui implique une baisse du revenu de pension légal si la personne refuse de travailler plus longtemps).

Les valorisations des actions pourraient souffrir du durcissement de la réglementation (Solvabilité II) et du profil plus défensif du régime à cotisations déterminées (par rapport à celui à prestations définies) et entraîner un ralentissement de la croissance.

Parmi les solutions figure notamment l’amélioration de l’éducation financière et de l’offre de produits financiers qui intègrent une gestion du risque baissier. 

Vendredi 15 novembre 2013

Bruxelles

J’écris un article sur le moment du retour de l’attrait des obligations nominales pour les investisseurs avec un passif réel (de sorte que le passif nominal augmente avec l’inflation). Un élément clé de réponse se trouve dans les perspectives des…marchés d’actions. En effet, plus les rendements obligataires augmentent (lorsque la Fed aura entamé son cycle de durcissement), plus la nervosité des investisseurs se reflétera dans les perspectives des marchés d’actions. En conséquence, l’attrait des obligations en tant que couverture (valeur sûre) augmentera et le potentiel haussier des rendements atteindra son point le plus haut. Conclusion: plus l’indice S&P augmente, plus les investisseurs chercheront à se couvrir en cas de revers du marché, et plus le prochain pic cyclique des rendements obligataires sera faible.

 

William De Vijlder

Vice-président de BNP Paribas Investment Partners