Lundi 4 novembre 2013 

Bruxelles

Je discute de la situation dans la zone euro avec un collègue de New York par téléphone. Après avoir parcouru ensemble les chiffres, il conclut en disant que le marché semble  un peu moins en forme qu’il y a quelques semaines lors de mon voyage à New York. En effet, les chiffres de la confiance sont bons mais l’activité manque d’entrain. 

Mardi 5 novembre 2013 

Paris

Je prends le petit-déjeuner avec deux journalistes pour discuter du climat macroéconomique, de la Fed et de la BCE.

Je discute ensuite avec nos gérants obligataires, de la désinflation européenne et à quel point il est difficile d’en sortir: l’écart de production est négatif et ce n’est pas prêt de changer; le taux de chômage vient de se stabiliser à un niveau très élevé; les prix des matières premières ne sont pas non plus favorables et la fermeté de l’euro est désinflationniste.

Mercredi 6 novembre 2013

Bruxelles

Je participe à un chat en direct sur le web pour Reuters. C’est un forum intéressant qui rassemble environ 700 participants. L’accent est mis sur la BCE et la désinflation, de même que sur le Royaume-Uni, en passe de devenir le premier pays occidental de ce cycle dont la banque centrale est « en retard sur la courbe ».

Les marchés spéculent beaucoup pour savoir si la Réserve fédérale abaissera ou non le taux de chômage qu’elle s’est fixé avant un éventuel tour de vis. Ce geste pourrait faire partie d’un accord plus global: « nous allégerons notre programme d’assouplissement quantitatif (QE), mais en échange, le premier relèvement des taux est postposé ». L’allégement du programme se transformerait alors en un non-événement (ce qui ne serait pas si mal en fin de compte après toute l’encre qui a coulé sur le sujet). Cette enquête de marché s’appuie sur deux études de collaborateurs de très longue date de la Fed qui ont été présentées lors d’une conférence du FMI cette semaine (http://www.imf.org/external/np/res/seminars/2013/arc/pdf/wilcox.pdf et http://www.imf.org/external/np/res/seminars/2013/arc/pdf/english.pdf. Une baisse du taux que la Fed s’est fixé sera de bon augure pour les actions à court terme. Cependant, elle impliquerait davantage de précipitation dans un second temps: une fois le processus de resserrement entamé, elle pourrait se montrer plus agressive que prévu actuellement. Une fête trop arrosée accroît le risque de gueule de bois le lendemain. 

Jeudi 7 novembre 2013

Paris

Aujourd’hui est un jour J pour la BCE. En passant devant l’écran de Bloomberg TV dans nos bureaux le matin, je remarque que trois analystes sondés par Bloomberg prévoient une baisse des taux aujourd’hui et que 67 autres ne prévoient aucun changement. Quelques heures plus tard, ces derniers ont été confrontés à leur erreur. Quelle surprise! Je suis la conférence de presse de Mario Draghi via une diffusion en direct sur Internet (vous trouverez mes commentaires à ce sujet dans un blog précédent Download 13 11 08 NL ECB WDV FINAL.pdf (146.7K)). L’enthousiasme des marchés d’actions n’est cependant que de courte durée car les chiffres du PIB américain ravivent les craintes d’un allégement du programme d’assouplissement quantitatif. 

Vendredi 8 novembre 2013

Je passe l’après-midi à l’université de Gand.

J’ai avancé mon cours de lundi en raison du jour férié. C’est une chance car je peux ainsi regarder la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis avec mes étudiants en direct dans la classe via Bloomberg TV. Avant la diffusion des chiffres, nous discutons des conséquences d’une surprise positive pour les actions, les obligations et le dollar. Les chiffres s’avèrent étonnamment élevés, mais deux heures plus tard, il ne fait aucun doute que les investisseurs ont cette fois décidé de ne pas s’inquiéter des mesures d’allégement du QE, comme en témoignent l’envolée des actions. Tant pis pour l’efficacité de marché…

 

William De Vijlder

Vice-Chairman de BNP Paribas Investment Partners