Lundi 24 mars 2014 

Londres

Je suis à Canary Wharf dans la matinée pour une grande interview avec Reuters sur les perspectives de marché. Dans l’après-midi, je participe à notre réunion hebdomadaire sur l’allocation d’actifs. Nous discutons en détail des perspectives des obligations européennes à haut rendement. La classe d’actifs se porte bien et la bonne performance des marchés obligataires périphériques a été bénéfique en ce sens qu’elle contribue à la raréfaction des rendements attrayants. Nous restons optimistes. Plus tard dans l’après-midi, j’ai une discussion approfondie avec un collègue de longue date sur la surchauffe ou non de Wall Street. Plusieurs secteurs de l’IT ont été très sollicités, mais ils subissent à présent une correction. Cependant, ce mouvement occasionne un changement de style en faveur des actions de type « valeur » plutôt qu’un éloignement total des actions dans leur ensemble. Ce type de changement est rassurant. Je dîne à l’hôtel dans la soirée. La serveuse m’amène le menu et le journal The Daily Telegraph. Boris Johnson, le maire de Londres, a écrit un article sur « Lamborghini et les primes de pension ». Ses propos font suite à l’annonce du ministre britannique des Pensions qui a déclaré que les gens devraient pouvoir demander leur réserve de pension (prime) en liquide plutôt que de devoir souscrire à une rente. Il a enchaîné en déclarant que le fait que les gens souhaitent ensuite acheter une Lamborghini avec l’argent reçu ne lui posait aucun problème.

Mardi 25 mars 2014 

Londres / Paris

Réunion avec un grand investisseur institutionnel ce matin au sujet de l’investissement en rendement absolu (qui nécessite des catalyseurs de performance différents et décorrélés, ex. une combinaison de stratégies axées sur la dynamique de marché, les facteurs quantitatifs ou les compétences) et l’investissement avec un objectif de revenu. Les rendements du dividende se comparent aisément aux rendements obligataires et devraient mieux suivre l’inflation que les rendements obligataires nominaux. Par conséquent, les investisseurs concentrés sur le revenu envisageront clairement les actions….à condition d’être convaincus de ne pas devoir vendre une partie de leurs positions en actions au cours des prochaines années.

Je suis à Paris dans la soirée pour participer en tant qu’orateur au grand événement clients organisé pour Parvest au centre Pompidou. Parvest est notre gamme de fonds phare.

Mercredi 26 mars 2014 

Bruxelles/Londres

Dans la matinée, je participe avec notre stratège de Chine, notre gérant des actions chinoises et notre responsable des produits de taux asiatiques à une conférence téléphonique avec des clients au sujet des événements en Chine. Nous pensons que la Chine pourra atteindre son objectif de croissance du PIB (environ 7,5%), quitte à devoir prendre des mesures de relance. Il est vrai que la libéralisation des marchés financiers, le ménage effectué dans le système bancaire parallèle (shadow banking), et les défauts des entreprises sont source de stress. En revanche, le programme de réformes, qui cible notamment l’environnement (réduction de la pollution), est le plus ambitieux jamais observé depuis de très nombreuses années, et il est donc de bon augure sur le long terme. Dans l’espoir d’une initiative politique, la bourse n’a pas trop souffert de la dégradation récente des chiffres macroéconomiques. Du côté du marché des changes, la récente dépréciation du RMB n’a pas changé la tendance à long terme et les obligations offshore libellées dans cette devise sont donc une occasion intéressante. En bref, trois messages sont à retenir:

1. Les obligations offshore en RMB sont une classe d’actifs intéressante pour un investisseur en EUR ou en USD.

2. Les actions chinoises gérées activement sont attrayantes sur le long terme, notamment au regard du ratio cours/bénéfices, plus faible en valeur absolue que comparativement à la croissance bénéficiaire attendue, dans un contexte d’inflation maîtrisée et où les surprises monétaires désagréables sont peu probables.

3. Les actions chinoises liées au secteur de l’environnement sont particulièrement attrayantes, leurs ratios PEG (bénéfice par action divisé par la croissance bénéficiaire) étant même inférieurs à ceux de l’ensemble du marché.

Dans l’Eurostar vers Londres, je lis les déclarations importantes formulées la veille par le président de la Bundesbank, Jens Weidmann. Il indique qu’un assouplissement quantitatif (QE) et des taux de dépôt négatifs ne sont pas exclus. C’est-à-dire que la BCE interviendrait si l’euro/l’inflation s’appréciait/baissait trop. Dans l’après-midi, je préside une séance à la conférence de l’EDHEC sur la gestion actif-passif dynamique des fonds de pension. Les recherches menées par les universitaires de l’EDHEC dans le contexte de la chaire de recherche de BNPP IP mettent l’accent sur une approche à cinq piliers: la diversification, la couverture du passif, le rééquilibrage intelligent (sur la base du retour à la moyenne), l’analyse du risque et le bêta intelligent. 

Jeudi 27 mars 2014 

Bruxelles

Je prépare ma présentation pour le débat qui se tiendra le samedi suivant à la conférence de Deauville (France). Sujet du débat: les marchés sont-ils ou non à nouveau dans une bulle ? Pour faire court: les valorisations de plusieurs classes d’actifs sont onéreuses, mais cela ne signifie pas forcément qu’il y a formation d’une bulle. Pour la réponse détaillée, suite au prochain poste sur mon blog.

Vendredi 28 mars 2014 

Bruxelles

Entretien téléphonique mensuel avec notre CIO Actions asiatiques. Les actions indonésiennes ont enregistré une performance remarquable, dopées par l’amélioration des chiffres macroéconomiques (balance commerciale excédentaire) et l’espoir d’une réforme économique après les élections. Il a aussi déclaré qu’il appréciait les marchés d’actions thaïlandaises et philippines.

Je publie mon premier poste en tant qu’influenceur sur Linkedin. Il est intitulé « I’ll be watching you » et parle de l’influence mutuelle des marchés et des banques centrales dans le contexte des prévisions inflationnistes (Cliquez ici http://linkd.in/1rJUrU6).

Samedi 29 mars 2014 

Deauville

Je commence ma présentation « Les marchés financiers sont-ils ou non dans une bulle? » par une anecdote en expliquant qu’à la même conférence, dans le même hôtel, en mars 2000, j’avais parlé de ce qui était alors qualifié de « Nouvelle économie », en ajoutant « Et nous savons tous comment cela s’est terminé ». C’est une bonne façon de capter l’attention du public un samedi matin ensoleillé. Je me dégourdis ensuite les jambes sur le deck de la plage. Le soleil brille, le ciel est bleu et les cabines de plage portent le nom d’acteurs de film. Je ne peux cependant pas m’empêcher de songer à ce cliché de la chancelière Merkel et du président Sarkozy marchant à cet endroit précis au plus fort de la crise de la zone euro. Depuis lors, bien des choses ont changé.

 

William De Vijlder

Vice – Chairman de BNP Paribas Investment Partners