Lundi 17 mars 2014 

Rome

Les marchés ont bien accueilli le résultat du référendum en Crimée, estimant que le pic d’incertitude était à présent passé. Ceci montre bien que le changement d’une variable tend à être plus important que son niveau. Ce constat s’applique aux facteurs géopolitiques, mais aussi économiques: les variations des taux de croissance et d’inflation sont plus importantes que leur niveau (le lecteur attentif aura remarqué que la croissance illustre déjà le changement du niveau d’activité, et nous parlons donc dans ce cas de la dérivée seconde…).

J’assiste à un événement clients dans la soirée au Maxxi musée national des arts. Un bâtiment des plus fascinants.

Mardi 18 mars 2014 

Rome

Le printemps est dans l’air: le soleil brille, la température est douce et le ciel est bleu et sans nuage. Le temps est au beau fixe sur les marchés aussi, bien que plus nuageux. Les craintes relatives à la situation en Ukraine se sont certes apaisées, mais la situation est plus mitigée en ce qui concerne les données économiques. L’indice allemand ZEW déçoit (bien que son repli soit lié à l’incertitude concernant l’Ukraine au moment où l’étude a été réalisée), tandis que le ralentissement de la hausse des prix immobilier en Chine est un soulagement. Durant les réunions clients, nous discutons de la manière d’investir dans un contexte de taux et de primes de risque faibles. Je souligne les atouts des actions, même pour des personnes qui nécessitent un revenu régulier sur leurs investissements. Les rendements du dividende sont élevés (même par rapport aux rendements des obligations d’entreprises), car les dividendes suivent dans une certaine mesure l’inflation, tandis que le capital et les coupons des obligations d’entreprises sont nominaux, et dès lors érodés par l’inflation. Le risque spécifique à l’entreprise peut être dilué par la diversification. Le prix à payer est l’exposition aux fluctuations boursières. Cependant, ce point est moins problématique pour quelqu’un qui ne prévoit pas de devoir vendre ses actifs pour financer des dépenses.

La course en taxi jusqu’à l’aéroport était agréable et intéressante. J’ai eu l’impression à un moment donné que le chauffeur avait compris qu’il devait nous emmener à Fiorano (la piste de course Ferrari) au lieu de Fiumicino. Je poursuis la discussion sur les dividendes avec notre CIO Actions à haut dividende. Son fonds Européens enregistre un rendement du dividende attendu de 4,9% et les dividendes devraient augmenter sensiblement. Les prévisions – trop optimistes – du consensus anticipent une croissance des résultats de 20% cette année. Ainsi, en conservant un paiement identique, ces actions restent attrayantes même si les prévisions étaient revues à la baisse.

Mercredi 19 mars 2014 

Paris

Conférence téléphonique avec les membres de notre équipe de Sao Paulo. Ils restent convaincus que le PIB du Brésil n’atteindra pas les prévisions du consensus, qui table sur 1,7%. En outre, l’inflation est appelée à remonter en raison de l’impact retardé de la dépréciation de la devise. Néanmoins, comme déjà discuté précédemment, le contexte bottom-up est moins morose. Compte tenu des élections d’octobre, la politique jouera un rôle majeur et explique en partie la récente embellie du marché.

Jeudi 20 mars 2014 

Bruxelles

Janet Yellen a adopté le principe de la carotte et du bâton hier soir à l’issue de la réunion du FOMC, en ayant, semble-t-il, quelque peu durci le ton (le taux du Fed funds médian des prévisions des dirigeants pour fin 2015 est passé de 0,75% à 1,00%), et en indiquant que le premier relèvement des taux pourrait intervenir six mois après la fin du programme d’allégement de l’assouplissement quantitatif, soit au printemps 2015. Le maintien du taux des Fed Funds en deçà du niveau normal à long terme de 4,00%, même si l’emploi et l’inflation se rapprochent des niveaux conformes à ceux fixés par le mandat (soit 2,0% pour l’inflation) représente la carotte. Dans ce contexte, le dollar américain s’est un (tout petit) peu raffermi, mais la perspective de trois relèvements de taux l’année prochaine rappelle que 2015 sera une année difficile pour les investisseurs.

Vendredi 21 mars 2014

Bruxelles

Mon interview mensuelle avec Kanaal Z, la chaîne de télévision financière belge, est consacrée au « Cinq fragiles » et aux progrès qu’ils ont réalisés. L’Inde a été le premier pays à connaître une stabilisation de sa devise, grâce à une politique monétaire saine et à une réduction du déficit courant. En réaction, la bourse s’est inscrite en hausse, notamment aussi en vue du changement politique des prochaines élections. L’Indonésie a aussi bien progressé dernièrement. La balance commerciale a affiché une série d’excédents mensuels, la devise s’est récemment appréciée et la bourse s’est bien comportée jusqu’à présent cette année. Une fois de plus, il reste à espérer que le résultat des élections plaira au marché. Le marché turc des actions stagne depuis quelques semaines, en dépit de l’intensification des incertitudes politiques (les élections locales du 30 mars testeront la popularité du gouvernement). Le durcissement monétaire agressif en début d’année a permis de stabiliser la devise et le déficit courant a fondu. L’endettement élevé des entreprises en devises étrangères reste préoccupant. Le Brésil a stabilisé sa devise, mais la croissance est très faible et l’inflation demeure résolument élevée. Des élections présidentielles auront lieu en octobre, les marchés ont donc encore le temps de tergiverser jusque là. Nous n’avons pas parlé de l’Afrique du Sud, mais nous pouvons en conclure globalement que certains pays se sont considérablement renforcés, tandis que d’autres restent confrontés à plusieurs défis. Comme les pays BRIC, les Cinq fragiles sont devenus un groupe de pays très hétérogène.

Pour visionner l’interview (en néerlandais), cliquez ici

http://kanaalz.knack.be/expert/z-expert/ ou

http://williamdevijlder.bnpparibas-ip.com/nederlands/.

 

 

William De Vijlder

Vice – Chairman de BNP Paribas Investment Partners