William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas

Cycle économique

Comment évoluent la croissance économique, l’inflation, l’emploi dans un pays ou une région du monde ? William De Vijlder s’intéresse aux fluctuations cycliques d’une économie en phase de crise, d’expansion, de récession ou de reprise, dans une analyse conjoncturelle.

inflation definition

Zone euro : des poches d’inflation sur fond d’inflation basse

Malgré un rebond en juin, l’inflation sous-jacente se maintient obstinément à un niveau bas. On observe néanmoins une dispersion significative entre les pays et les postes de dépenses de l’indice des prix. L’inflation est faible dans l’habillement et les chaussures, l’ameublement et l’équipement ménager, les transports et les communications ; elle est plus élevée pour les postes liés au logement, à la restauration et l’hôtellerie, aux autres biens et services, aux loisirs et à la culture. L’inflation des prix des produits industriels non énergétiques est très modérée. Autrement dit, si la situation devait persister, l’accélération de l’inflation, visée par le nouvel assouplissement de la politique monétaire de la BCE, devra venir des services. Or, les prix des services mettent plus de temps à réagir à la politique monétaire et à l’activité économique. L’assouplissement monétaire est donc parti pour durer.

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risks

Montée des inquiétudes concernant la croissance

Après le soulagement suscité par les données du premier trimestre, les préoccupations relatives à la croissance remontent, en raison des statistiques économiques et, plus important encore, d’une incertitude toujours très élevée. Cette dernière est liée à l’ampleur du ralentissement et à ses conséquences en termes de risques économiques ainsi qu’à la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine sur le dossier du commerce. C’est ce qui ressort des données chinoises tandis qu’aux Etats-Unis, les données empiriques se multiplient concernant l’impact négatif de cet affrontement sur l’activité et le secteur agricole. Prenant acte de ces évolutions, la Réserve fédérale américaine a indiqué que les taux allaient être abaissés, une information saluée par le marché actions. La BCE a également modifié son message : comme le risque est orienté à la baisse et que l’inflation stagne, un assouplissement plus prononcé lui semble désormais nécessaire.

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ralentissement économique

France et Allemagne : un ralentissement conjoncturel très différent de part et d’autre du Rhin

Depuis le début de l’année dernière, le ralentissement observé dans les deux pays se manifeste de manière différente : en France, il frappe l’industrie manufacturière et les services, alors qu’en Allemagne, il est principalement concentré dans le secteur manufacturier. Les données récentes indiquent un léger mieux dans l’Hexagone, alors que les signes de stabilisation restent timides outre-Rhin. Si les problèmes liés aux relations commerciales (entre les Etats-Unis et la Chine, d’une part, et les Etats-Unis et l’Europe, d’autre part) et au Brexit tardaient à se régler, une amélioration significative à court terme serait peu probable. La France pourrait toutefois surprendre favorablement en raison des effets stimulants des mesures de soutien au pouvoir d’achat.

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US flags

Economie américaine : sur une pente glissante

Dans un discours récent prononcé au Club économique de New York, Richard Clarida, le vice-président de la Réserve fédérale a dressé un bilan positif de l’économie américaine. Au cours des quatre derniers trimestres, la croissance moyenne du PIB réel a atteint 3,2%, tandis qu’à 3,6% le taux de chômage frôle le niveau le plus bas de ces 50 dernières années et, mois après mois, les créations d’emplois restent importantes. Ainsi, les projections des membres du Comité monétaire de la Fed tablent sur une croissance d’environ 2% pour les trois prochaines années. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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zone euro

Zone euro : quand l’industrie manufacturière éternue, les services s’enrhument-ils ?

Selon Mario Draghi, la question-clé est de savoir combien de temps les autres secteurs de l’économie seront épargnés par le ralentissement de l’industrie manufacturière. L’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier et celui des services sont historiquement très corrélés, signe, entre autres choses, du rôle important de ces derniers dans la chaîne de valeur de l’industrie manufacturière. La résilience du secteur des services dans la zone euro dépendra en très grande partie de l’évolution de la situation en Allemagne où l’écart entre les PMI des deux secteurs est anormalement élevé.

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BCE : prête mais pas pressée

La BCE a légèrement assoupli sa politique monétaire en prolongeant sa forward guidance sur les taux directeurs. Par ailleurs, les conditions de la troisième campagne de TLTRO III sont un peu moins généreuses que les précédentes. Un débat s’est ouvert au sein du Conseil des gouverneurs sur la manière de réagir en cas d’aggravation de la situation. Au vu des fondamentaux de la zone euro, la BCE n’est pas pressée, pour le moment, de réagir à la prolongation des incertitudes. Une manière de ne pas brûler trop vite ses cartouches.

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zone euro

Zone euro : des signaux contrastés

Les résultats des enquêtes de conjoncture publiés cette semaine envoient des signaux contrastés : amélioration de la confiance des consommateurs, fléchissement de l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne et stabilisation de l’indice Insee en France. Les indices PMI IHS Markit indiquent une stabilisation au cours de ces derniers mois de l’industrie manufacturière, à un niveau très faible à faible, et des services à un niveau plus satisfaisant. Plusieurs facteurs continuent de soutenir la demande intérieure. Un malaise persiste toutefois, principalement pour des raisons sur lesquelles la zone euro n’a aucun contrôle. Le risque d’une hausse des droits de douane est en haut de la liste des préoccupations.

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Trade

Etats-Unis : l’effet boomerang des droits de douane

Une hausse des droits de douane a des conséquences négatives sur le pays ciblé. Celui à l’origine de la hausse en subira à son tour l’impact, même en l’absence de représailles. Les dépenses des ménages souffriront ainsi d’une perte de pouvoir d’achat, l’inflation augmentant en raison de la hausse des prix à l’importation et/ou du remplacement des produits importés par des produits locaux. Pour la même raison, à un niveau agrégé, les bénéfices des entreprises peuvent en souffrir, et ces dernières peuvent décider de réduire leurs investissements en raison d’une incertitude accrue. Des recherches empiriques viennent confirmer ces analyses.

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croissance

États-Unis : une croissance forte, mais de qualité ?

Selon Jerome Powell, les fondamentaux de l’économie américaine demeurent solides. La croissance a été robuste au premier trimestre, mais sa qualité ne laisse pas d’interroger. L’investissement résidentiel freine la croissance qui a, par ailleurs, bénéficié d’une baisse des importations et de l’augmentation des stocks. Dans les prochains mois, un rebond des importations et une diminution des stocks sont à prévoir. La croissance devra alors compter sur les dépenses de consommation et les investissements des entreprises.

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global economy

L’inconfort persiste malgré des signes encourageants

Les données récentes sur la Chine et la zone euro indiquant une stabilisation de la croissance ont été accueillies avec soulagement. Aux États-Unis, la croissance devrait rester à un niveau satisfaisant à court terme malgré le ralentissement. Des inquiétudes persistent néanmoins sur la vigueur sous-jacente de l’économie mondiale. Le FMI, qui a de nouveau révisé à la baisse ses prévisions, table sur un léger rebond au second semestre, sans plus. L’aplatissement de la courbe de taux US alimente les craintes d’une croissance décevante. La Fed, confiante dans les perspectives, se montre toutefois patiente dans sa politique, un ton accommodant que les bourses ont salué. Cependant, les marchés des actions et des obligations envoient des signaux très différents concernant la croissance future. Une préoccupation supplémentaire sur une liste déjà longue.

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Global economy

Economie mondiale : début d’amélioration

Le rebond en mars des créations d’emplois aux Etats-Unis constitue un soulagement après la déception du mois de février. Les indices manufacturiers chinois se sont ressaisis et dépassent les 50 points. Dans la zone euro, le secteur manufacturier reste sous pression mais l’indice PMI des services progresse, et les ventes au détail dépassent les attentes. L’évolution de l’incertitude sera décisive pour le secteur manufacturier, or on voit quelques signes encourageants : la probabilité d’un accord entre les Etats-Unis et la Chine augmente, tandis qu’au Royaume-Uni des négociations entre les partis politiques visent à éviter un Brexit sans accord.

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Croissance en zone euro : quelques signes encourageants

Après la morosité des PMI flash de la semaine dernière, les dernières données reflètent une situation contrastée. L’indice du sentiment économique (ESI) de la Commission européenne continue de se replier dans beaucoup de pays et pour la zone euro dans son ensemble. Les données IFO pour l’Allemagne indiquent une amélioration du climat économique global malgré la poursuite du repli dans l’industrie manufacturière. D’après l’Insee, la situation se stabilise en France, voire s’améliore légèrement. Dans l’ensemble, les signes sont encourageants mais il serait prématuré de conclure à une fin prochaine du ralentissement de la croissance. Les données du mois d’avril seront à cet égard particulièrement importantes.

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Fed

États-Unis : les « dots » créent le malaise

Les projections de croissance des membres du FOMC ont été revues à la baisse, celles sur le chômage à la hausse. Les projections du taux cible des Fonds fédéraux ( « dots ») ont reculé de 50 points de base. Selon le président de la Fed, les perspectives restent favorables et c’est le moment de faire preuve de patience. Les marchés sont moins optimistes. Ils voient dans cette invitation à la patience le signe d’une préoccupation sous-jacente liée à des risques à la baisse et anticipent une détente des taux en 2020. Nos prévisions tablent sur un taux inchangé en 2019 et 2020.

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