William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas

BCE : la patience est de mise

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Illustration EcoTVW du 4/09

Le casse-tête de la BCE

La COVID-19 représente un choc désinflationniste massif en raison du déficit de demande qu’elle crée. Cela a conduit les banques centrales à travers le monde a réagir vigoureusement, la BCE n’y a pas fait exception. L’action de la BCE – en particulier le PEPP – a permis de maintenir un financement fluide, tant sur le marché bancaire que sur le marché des capitaux. Néanmoins, la BCE est confrontée à un casse-tête : l’inflation est trop faible et en recul, l’euro fort accentue cette tendance et l’on craint que le changement de l’objectif à long terme de la Fed, qui visera désormais une inflation moyenne de 2 % au fil du temps, ne complique les choses.

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La Fed

Les conséquences mondiales de la stratégie d’inflation moyenne de la Réserve fédérale

La nouvelle stratégie de la Fed, basée sur une inflation moyenne, aura des répercussions pour l’économie réelle et la finance à l’échelle mondiale. À commencer par le commerce international dès lors qu’une expansion plus soutenue du PIB américain tirera l’économie des partenaires commerciaux des États-Unis par le biais de l’accroissement des importations de ce pays. Les conséquences financières sont déterminées par les flux de capitaux, la politique monétaire et l’appétit du risque. Au-delà des conséquences purement économiques, la nouvelle stratégie de la Fed forcera également les autres banques centrales à revisiter leur propre stratégie.

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FED

La Réserve fédérale inaugure une nouvelle ère dans son ciblage de l’inflation

La Réserve fédérale américaine modifie ses objectifs d’inflation à long terme. Désormais, la politique monétaire ciblera le déficit d’emplois pour parvenir au plein emploi, plutôt que les écarts positif ou négatif. Surtout, la Banque centrale américaine vise désormais un taux d’inflation moyen de 2% dans la durée. Cette annonce implique un biais plus accommodant, les premières hausses de taux d’intérêt s’en trouvant repoussées dans le temps. Elle signifie en outre, à terme, une diminution de la lisibilité de la fonction de réaction de la Fed : quand l’inflation moyenne (concept qui reste à définir) justifiera-t-elle un resserrement de la politique monétaire ? Une telle ambiguïté pourrait engendrer un surcroît de volatilité, à moins que la communication ne joue un rôle encore plus central.

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Incertitude

Au-delà des chiffres sur le PIB au deuxième trimestre

Sans surprise, les chiffres du PIB pour le T2, parus cette semaine, sont exceptionnellement mauvais. La croissance pour le T3 devrait être forte, ne serait-ce qu’en raison d’un puissant effet de base. Le risque de déceptions est toutefois bien réel si la dynamique devait s’essouffler pendant l’été, ce que l’on observe déjà aux États-Unis. Dans la zone euro, les enquêtes de conjoncture continuent de s’améliorer et l’indicateur des anticipations d’emploi affiche une hausse marquée. Néanmoins, les ménages demeurent très préoccupés et leurs anticipations de chômage sont restées globalement stables.

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Commission européenne

Accord du Conseil européen : imparfait mais historique

Inévitablement basé sur un compromis, l’accord portant sur un effort de relance européen, conclu cette semaine, n’en est pas moins historique. Il combine des subventions et des prêts accordés aux États membres et sera financé par des emprunts contractés au niveau de l’Union européenne.Cet accord crée un précédent pour la gestion de situations de crise en instaurant un meilleur équilibre entre politique monétaire et politique budgétaire. La possibilité d’une telle approche sur deux fronts, réduit le risque de perte extrême (tail risk) et devrait ainsi structurellement soutenir la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs. L’allocation ciblée de subventions, en faveur des pays qui en ont le plus besoin, constitue une autre avancée historique et devrait générer un effet multiplicateur plus conséquent.

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Cogs economic recovery

Un rebond mécanique, et après ?

Assouplissement du confinement oblige, la confiance des entreprises s’est notablement améliorée, tandis que l’activité et la demande ont mécaniquement rebondi. À court terme, le resserrement de l’écart entre les niveaux d’activité normaux et ceux observés devrait progressivement induire une certaine normalisation des taux de croissance. La croissance devrait être soutenue par un effet de rattrapage de la consommation, les coups de pouce monétaire et budgétaire, et la possibilité pour les ménages de puiser dans l’épargne forcée accumulée pendant le confinement. L’évolution des incertitudes sera déterminante. La situation sanitaire n’est pas maîtrisée dans certains pays et l’on craint potentiellement un emballement. Les sombres perspectives du marché de l’emploi sont sources d’incertitudes pour les revenus des ménages. Dans ce contexte, les entreprises pourraient revoir à la baisse leurs projets d’investissement.

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Change

La Covid-19 et l’environnement

Du fait des externalités de l’activité économique, le confinement a eu un impact considérable, non seulement sur l’économie, mais aussi sur l’environnement. Dans un monde déconfiné, la question est de savoir si la pandémie aura une influence sur l’environnement dans les années à venir, et comment. La Covid-19 pourrait induire une plus grande préoccupation pour la santé et, notamment, pour l’impact de l’environnement sur celle-ci. Les comportements pourraient ainsi changer du point de vue de la mobilité comme de la consommation.La pandémie pourrait aussi stimuler la part des investissements durables et, par ricochet, la stratégie des entreprises. Les modifications des chaînes de valeur mondiales peuvent aussi avoir un impact sur l’environnement. En matière de politique budgétaire, une opportunité se fait jour : relancer à court terme l’économie par des investissements qui contribueront à atteindre les objectifs liés au changement climatique et à la sauvegarde de l’environnement.

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Illustration Edito 20.27

La croissance en zone euro : sprint ou marathon ?

La récession de 2020 est unique en son genre et, sur la période récente, par son ampleur. La reprise qui suivra sera tout aussi exceptionnelle. Dans un premier temps, elle devrait être particulièrement vigoureuse, tirée par l’assouplissement des mesures de confinement. En 2021, la croissance devrait être tirée par la demande. La baisse de la demande induite par le confinement a créé une épargne forcée. Si les ménages venaient à la dépenser, la consommation augmenterait considérablement. Toutefois, une détérioration significative des perspectives d’emploi signifierait que l’épargne forcée accumulée pendant le confinement se transmuterait en épargne de précaution, avec pour cortège une croissance décevante et un cercle pernicieux.

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Household consumption

Comment stimuler les dépenses de consommation ? Chèque vs baisse de la TVA

Face aux sombres perspectives du marché de l’emploi, des mesures s’imposent pour stimuler les dépenses de consommation et ainsi soutenir la reprise économique.  Il existe un large éventail d’instruments : chèques, baisse du taux de la TVA, réduction de l’impôt sur le revenu, crédit d’impôt, impôt sur le revenu négatif. Parmi ces outils, les chèques offrent de nombreux avantages, notamment la possibilité de cibler un groupe de personnes, les bénéficiaires finaux, le type de dépenses et la zone géographique. Les coûts administratifs sont néanmoins conséquents

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Longue vue

Le cycle boomerang de l’économie

La confiance des entreprises a bondi quand les mesures de restriction ont été assouplies.  Attention, toutefois, à ne pas verser dans un enthousiasme excessif car ces données ne disent rien de la situation du niveau d’activité et de la demande. Le rebond actuel est mécanique : l’offre redémarre. La véritable question qui se pose est celle de l’évolution de la demande dans les trimestres à venir. Les entreprises et les ménages sont confrontés à une visibilité limitée. La prudence reste donc de mise. 

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Stormy sky

L’ombre portée du chômage

Les données économiques récentes se sont améliorées à la faveur des mesures de déconfinement, ce qui pourrait induire un sentiment de confort illusoire. Les effets liés à la gravité de la crise se feront sentir sur le long terme. Parmi les facteurs clés : la hausse du chômage et les anticipations de chômage qui pèsent sur les dépenses des ménages, en raison d’une perte de revenu et de la constitution d’une épargne de précaution. Malgré la reprise économique, les grandes banques centrales de l’Eurosystème s’attendent à une augmentation du chômage en 2021. Face à une visibilité qui reste faible et à des pressions élevées sur leurs bénéfices, de nombreuses entreprises n’ont d’autre choix que de réduire leurs effectifs.

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Bilan - Illustration edito 20.23

Union européenne : l’endettement élevé d’entreprises : un frein à la reprise

Pendant le confinement dû à la pandémie de Covid-19, de nombreuses entreprises ont subi un effet de ciseau négatif : la chute de leur chiffre d’affaires a été nettement plus importante que la baisse des charges. Elles n’ont eu d’autre choix que de réduire leurs coûts, y compris en se séparant de leur personnel, de puiser dans leurs réserves de liquidités et de tirer sur leurs lignes de crédit. Autrement dit, l’une des conséquences les plus durables de cette crise est l’augmentation forcée de l’endettement des entreprises. Pour nombre d’entre elles, ce phénomène se poursuivra très probablement en dépit de l’assouplissement progressif des mesures de confinement.

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Uncertainty

L’incidence variable de l’incertitude des prévisions

La publication par la BCE de différents scénarios illustre l’ampleur de l’incertitude qui entoure les prévisions des variables macroéconomiques. Les entreprises peuvent ainsi reporter leurs investissements dans l’attente d’une meilleure visibilité. Compréhensible au niveau microéconomique, un tel attentisme peut freiner la croissance et conforter la conviction des dirigeants d’entreprises que leur prudence était justifiée. La forte augmentation de la dispersion des prévisions de résultats traduit un degré d’incertitude considérable à l’échelle de chaque société. Or, cela n’a pas empêché la poursuite du rebond du marché actions américain. Quels que soient les facteurs expliquant ces différentes réactions face à l’incertitude, de telles dissensions ne peuvent durer indéfiniment. À un moment donné, les entreprises devront renoncer à la prudence ou les investisseurs abandonner leur optimisme.

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European Commission

Union européenne : une proposition ambitieuse et des négociations difficiles en perspective

La Commission européenne propose un plan global pour soutenir la croissance et donner à l’UE les moyens de ses ambitions en termes de politique climatique et de stratégie numériqueUn tel effort est nécessaire. Il doit permettre d’éviter que la crise n’aggrave les divergences économiques entre les Etats membres, ce qui fragiliserait le fonctionnement du marché unique et pèserait sur la croissance à long termeLa Commission propose un ensemble de subventions et de prêts à des conditions favorables, financés par la dette émise directement par l’UE. Compte tenu de la réticence de certains pays à l’octroi de subventions, les négociations sur cette proposition s’annoncent difficiles.

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William De Vijlder

Après le pic de la pandémie, quel type de reprise économique ?

Les mesures sanitaires qui ont dû être prises pour contenir la pandémie ont fait plonger brutalement de nombreux secteurs de l’activité économique et réduit la demande. La récession a été « mécanique ». Avec l’assouplissement progressif des mesures de confinement, nous pouvons nous attendre à un rebond mécanique de l’activité et de la demande. Une question clé demeure : que se passera-t-il ensuite ?

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Economy

La récession Covid-19 : cette fois, c’est vraiment différent !

Quels que soient les pays et les époques, les crises financières et, plus généralement, les récessions et les reprises avaient, jusqu’à présent, de nombreux traits en commun. Ainsi, les récessions impactaient principalement la demande et, dans une moindre mesure, l’offre.

Cette fois, la récession induite par la pandémie aura un effet plus durable sur l’allocation des dépenses des ménages, sinon sur leur niveau.

Elle aura également des répercussions majeures sur l’offre, du fait de la modification des chaînes de valeur mondiales, du télétravail ou de la situation économique des entreprises, confrontées à une réduction forcée de leurs capacités pour respecter les impératifs de distanciation physique.

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Wall Street

Pandémie de COVID-19 et marchés actions américains

Les commentaires de Jerome Powell sur ce qu’il adviendrait si la récession venait à se prolonger ont considérablement pesé sur les marchés actions américains. Historiquement, les récessions s’accompagnent de fortes baisses des cours boursiers. Le recul observé depuis le début de l’année, relativement limité, est sans commune mesure avec l’effondrement de l’activité. Le soutien monétaire et budgétaire massif a induit une réévaluation de la distribution des risques, expliquant dans une large mesure le rebond des marchés actions. L’attention se concentre désormais sur les perspectives de résultats des entreprises, d’où l’importance du débat sur la configuration de la reprise.

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BCE

Zone euro : les multiples facettes de la proportionnalité en politique économique

Dans son jugement rendu le 5 mai, la Cour constitutionnelle allemande demande au Conseil des gouverneurs de la BCE de démontrer que les objectifs de politique monétaire de son programme d’achat de titres du secteur public  ne sont pas disproportionnés par rapport aux effets de politique économique et budgétaire de ce programme. Dans la plupart des cas, les politiques monétaire, économique et budgétaire se renforcent mutuellement. Pour évaluer l’adéquation de la politique monétaire, il convient de tenir compte de l’orientation des politiques économique et budgétaire. La nécessité d’une bonne transmission à toutes les juridictions, ainsi que la probabilité et l’ampleur des risques de perte extrême (tail risks), dus à des mesures de politique économique insuffisantes, doivent également être prises en compte.

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Banière bank

Expansion de la taille du bilan des banques centrales :  y a-t-il une limite ?

Les grandes banques centrales ont redoublé d’efforts pour atténuer l’impact économique de la pandémie, ce qui pose une question importante : y a-t-il une limite à l’expansion monétaire ? Un programme d’achat d’actifs (assouplissement quantitatif ou QE) peut se poursuivre sur une longue période compte tenu de la possibilité d’élargissement de l’univers d’investissement.

Les distorsions des cours des actifs et les inquiétudes suscitées par l’augmentation du niveau de risque du  bilan des banques centrales constitueront, très probablement, la véritable contrainte. Aussi les banques centrales peuvent-elles décider de financer directement le déficit budgétaire, considérant que ce type de mesure devrait avoir un effet plus important sur la croissance pour une expansion donnée de la taille du bilan. Le véritable enjeu alors est de maintenir l’inflation sous contrôle lorsque l’écart de production (output gap) se referme.   

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EBC

La réponse de l’UE aux conséquences économiques de la pandémie : un certain progrès

Des progrès réels ont été réalisés lors du Conseil européen de cette semaine. Les propositions faites lors de la dernière réunion de l’Eurogroupe sur la création de trois filets de sécurité ont été approuvées. Il y a accord pour travailler sur un fonds de relance destiné aux secteurs et zones géographiques les plus touchés en Europe. Son financement serait lié au cadre financier pluriannuel. Fait important, la chancelière Merkel a déclaré que, dans un esprit de solidarité, il fallait se tenir prêt à verser temporairement une contribution plus élevée au budget européen.

Des progrès réels ont été réalisés lors du Conseil européen de cette semaine. Les propositions faites lors de la dernière réunion de l’Eurogroupe sur la création de trois filets de sécurité ont été approuvées. Il y a accord pour travailler sur un fonds de relance destiné aux secteurs et zones géographiques les plus touchés en Europe. Son financement serait lié au cadre financier pluriannuel. Fait important, la chancelière Merkel a déclaré que, dans un esprit de solidarité, il fallait se tenir prêt à verser temporairement une contribution plus élevée au budget européen.

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Commerce international

Covid-19 : les aspects liés à l’offre soumis à des tests de résistance grandeur nature

La pandémie de Covid-19 révèle la nécessité de mieux prendre en compte les aspects liés à l’offre dans les analyses macroéconomiques. Des chaînes de valeur mondiales longues, optimales en termes de coûts et de prix, peuvent s’avérer très complexes d’un point de vue opérationnel et, surtout, vulnérables. Une offre plus résiliente a un coût au plan micro et macroéconomique. Cet arbitrage est un exercice difficile dans une économie de marché. C’est pourquoi les politiques publiques ont, dans une certaine mesure, un rôle à jouer.

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William De Vijlder

A propos de William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas
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