William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas

BCE : Mario Draghi passe le relais

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Interrogations

La forte incertitude pèse sur la croissance, au mépris des baisses de taux

Les enquêtes réalisées auprès des chefs d’entreprises aux Etats-Unis dépeignent un tableau contrasté avec, notamment, une nette détérioration de la situation dans l’industrie manufacturière et une belle reprise dans les services. Dans une perspective plus large, les signes d’un ralentissement économique se renforcent. Les moteurs de l’économie mondiale, tels la Chine et l’Inde, affichent une croissance moins dynamique, quoique pour des raisons différentes. En Europe, l’Allemagne est probablement déjà en récession technique alors que la France résiste. Les banques centrales font de nouveau le choix d’un assouplissement mais l’efficacité de cette politique va se heurter à une incertitude élevée, malgré l’annonce d’une nouvelle série de négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

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Etats-Unis : le signal et le bruit

Etats-Unis : le signal et le bruit

Les prix des actifs peuvent jouer un rôle important dans l’évaluation des perspectives économiques. La forte baisse des rendements des bons du Trésor américain au mois d’août a soulevé des inquiétudes, mais une estimation en temps réel indique une croissance pour le troisième trimestre satisfaisante aux Etats-Unis. Cela signifierait que l’incertitude accrue liée au différend commercial avec la Chine aurait entraîné une fuite vers des actifs sûrs et une baisse des taux d’intérêt à long terme. Les fluctuations dans la communication sur le différend commercial influent sur l’incertitude des investisseurs, et donc sur les primes de risque. Cela réduit la qualité du signal des prix des actifs, qui peut finir par peser sur l’économie réelle.

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BCE : un assouplissement en septembre, mais de combien ?

BCE : un assouplissement en septembre, mais de combien ?

Le Conseil des gouverneurs a chargé des comités de l’Eurosystème d’examiner ses options en matière de politique monétaire. Compte tenu de son insistance à propos de sa détermination, la BCE, à l’issue de sa réunion de jeudi dernier, a exprimé pour l’essentiel son engagement à assouplir sa politique lors de sa réunion du 12 septembre. Conscient de l’importance pour la BCE de défendre sa crédibilité en matière de ciblage de l’inflation, Mario Draghi a très clairement signifié son mécontentement face à l’inflation actuelle et à ses perspectives, ajoutant que la politique monétaire resterait très accommodante encore longtemps.

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inflation definition

Zone euro : des poches d’inflation sur fond d’inflation basse

Malgré un rebond en juin, l’inflation sous-jacente se maintient obstinément à un niveau bas. On observe néanmoins une dispersion significative entre les pays et les postes de dépenses de l’indice des prix. L’inflation est faible dans l’habillement et les chaussures, l’ameublement et l’équipement ménager, les transports et les communications ; elle est plus élevée pour les postes liés au logement, à la restauration et l’hôtellerie, aux autres biens et services, aux loisirs et à la culture. L’inflation des prix des produits industriels non énergétiques est très modérée. Autrement dit, si la situation devait persister, l’accélération de l’inflation, visée par le nouvel assouplissement de la politique monétaire de la BCE, devra venir des services. Or, les prix des services mettent plus de temps à réagir à la politique monétaire et à l’activité économique. L’assouplissement monétaire est donc parti pour durer.

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risks

Montée des inquiétudes concernant la croissance

Après le soulagement suscité par les données du premier trimestre, les préoccupations relatives à la croissance remontent, en raison des statistiques économiques et, plus important encore, d’une incertitude toujours très élevée. Cette dernière est liée à l’ampleur du ralentissement et à ses conséquences en termes de risques économiques ainsi qu’à la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine sur le dossier du commerce. C’est ce qui ressort des données chinoises tandis qu’aux Etats-Unis, les données empiriques se multiplient concernant l’impact négatif de cet affrontement sur l’activité et le secteur agricole. Prenant acte de ces évolutions, la Réserve fédérale américaine a indiqué que les taux allaient être abaissés, une information saluée par le marché actions. La BCE a également modifié son message : comme le risque est orienté à la baisse et que l’inflation stagne, un assouplissement plus prononcé lui semble désormais nécessaire.

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full employment

Assouplissement monétaire dans une économie de plein emploi : quelle efficacité?

Jerome Powell, président de la Fed, a indiqué, dans une allocution prononcée cette semaine devant le Congrès, que la politique monétaire américaine serait assouplie en raison des préoccupations que suscite la croissance mondiale, ce qui pourrait amener l’inflation à un niveau trop bas. Les propos de Mario Draghi, président de la BCE, à la fin du mois dernier, allaient dans le même sens. Malgré la montée des risques, le taux de chômage reste proche de son niveau naturel. Or, on peut supposer que, dans une économie de plein emploi, la détente monétaire sera moins efficace qu’en situation de récession. De plus, cela pourrait nourrir des inquiétudes concernant la stabilité financière et finir par réduire les chances de succès des mesures de politique monétaire visant à doper l’inflation.

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Politique monétaire

Politique monétaire et incertitude exogène versus endogène

Un niveau élevé d’incertitude peut freiner la croissance. L’assouplissement monétaire réussira-t-il à doper cette dernière ? Cela dépend de la nature de l’incertitude. Si celle-ci est endogène, et découle donc de l’évolution normale du cycle conjoncturel, les baisses de taux devraient permettre de réduire cette incertitude en stimulant la confiance des agents économiques. L’incertitude exogène est liée à d’autres facteurs que le cycle économique, tels que les tensions commerciales actuelles. Dans ce cas, l’efficacité de la politique monétaire est mise à mal et, malgré les baisses de taux, le ralentissement de la croissance devrait persister aussi longtemps que sa cause principale (l’incertitude exogène) n’aura pas été traitée.

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William De Vijlder juin 2019

L’atterrissage en douceur, plus difficile que jamais

La Fed a franchi une étape clé et s’apprête désormais à adopter une politique plus accommodante. Ce changement de cap est rendu possible par la faiblesse de l’inflation, mais il est aussi rendu nécessaire par le ralentissement de la croissance et par les fortes turbulences extérieures. Toutefois, les exemples d’atterrissages en douceur réussis sont rares. Dans l’environnement actuel, le défi est considérable compte tenu du niveau déjà faible des taux à l’heure où la phase d’expansion est parvenue à maturité. Le principal problème, toutefois, réside dans les incertitudes sur les échanges commerciaux.

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ralentissement économique

France et Allemagne : un ralentissement conjoncturel très différent de part et d’autre du Rhin

Depuis le début de l’année dernière, le ralentissement observé dans les deux pays se manifeste de manière différente : en France, il frappe l’industrie manufacturière et les services, alors qu’en Allemagne, il est principalement concentré dans le secteur manufacturier. Les données récentes indiquent un léger mieux dans l’Hexagone, alors que les signes de stabilisation restent timides outre-Rhin. Si les problèmes liés aux relations commerciales (entre les Etats-Unis et la Chine, d’une part, et les Etats-Unis et l’Europe, d’autre part) et au Brexit tardaient à se régler, une amélioration significative à court terme serait peu probable. La France pourrait toutefois surprendre favorablement en raison des effets stimulants des mesures de soutien au pouvoir d’achat.

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bank

Banques centrales : affronter les vents contraires, ensemble

A Sintra, Mario Draghi, le président de la BCE, a évoqué un possible nouvel assouplissement de la politique monétaire européenne. Même message de la part du FOMC : il faut s’attendre à de prochaines baisses des taux aux Etats-Unis. Cette synchronisation des politiques monétaires s’explique par des problèmes communs (une inflation trop faible par rapport à l’objectif) et des préoccupations partagées, en particulier la montée des incertitudes au niveau mondial. Si la situation persiste, l’orientation accommodante des politiques monétaires finira par perdre de son efficacité.

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US flags

Economie américaine : sur une pente glissante

Dans un discours récent prononcé au Club économique de New York, Richard Clarida, le vice-président de la Réserve fédérale a dressé un bilan positif de l’économie américaine. Au cours des quatre derniers trimestres, la croissance moyenne du PIB réel a atteint 3,2%, tandis qu’à 3,6% le taux de chômage frôle le niveau le plus bas de ces 50 dernières années et, mois après mois, les créations d’emplois restent importantes. Ainsi, les projections des membres du Comité monétaire de la Fed tablent sur une croissance d’environ 2% pour les trois prochaines années. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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zone euro

Zone euro : quand l’industrie manufacturière éternue, les services s’enrhument-ils ?

Selon Mario Draghi, la question-clé est de savoir combien de temps les autres secteurs de l’économie seront épargnés par le ralentissement de l’industrie manufacturière. L’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier et celui des services sont historiquement très corrélés, signe, entre autres choses, du rôle important de ces derniers dans la chaîne de valeur de l’industrie manufacturière. La résilience du secteur des services dans la zone euro dépendra en très grande partie de l’évolution de la situation en Allemagne où l’écart entre les PMI des deux secteurs est anormalement élevé.

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BCE : prête mais pas pressée

La BCE a légèrement assoupli sa politique monétaire en prolongeant sa forward guidance sur les taux directeurs. Par ailleurs, les conditions de la troisième campagne de TLTRO III sont un peu moins généreuses que les précédentes. Un débat s’est ouvert au sein du Conseil des gouverneurs sur la manière de réagir en cas d’aggravation de la situation. Au vu des fondamentaux de la zone euro, la BCE n’est pas pressée, pour le moment, de réagir à la prolongation des incertitudes. Une manière de ne pas brûler trop vite ses cartouches.

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psychology

Les facteurs psychologiques l’emportent-ils sur les fondamentaux d’une entreprise ?

D’après une enquête de l’université Duke réalisée auprès des directeurs financiers de 469 entreprises américaines, 84 % d’entre eux s’attendent à une récession aux États-Unis au premier trimestre 2021[1]. Ce pourcentage très élevé est préoccupant dans la mesure où des études empiriques menées dans ce pays montrent l’étroite corrélation des anticipations de résultats des directeurs financiers, pour […]

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zone euro

Zone euro : des signaux contrastés

Les résultats des enquêtes de conjoncture publiés cette semaine envoient des signaux contrastés : amélioration de la confiance des consommateurs, fléchissement de l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne et stabilisation de l’indice Insee en France. Les indices PMI IHS Markit indiquent une stabilisation au cours de ces derniers mois de l’industrie manufacturière, à un niveau très faible à faible, et des services à un niveau plus satisfaisant. Plusieurs facteurs continuent de soutenir la demande intérieure. Un malaise persiste toutefois, principalement pour des raisons sur lesquelles la zone euro n’a aucun contrôle. Le risque d’une hausse des droits de douane est en haut de la liste des préoccupations.

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Trade

Etats-Unis : l’effet boomerang des droits de douane

Une hausse des droits de douane a des conséquences négatives sur le pays ciblé. Celui à l’origine de la hausse en subira à son tour l’impact, même en l’absence de représailles. Les dépenses des ménages souffriront ainsi d’une perte de pouvoir d’achat, l’inflation augmentant en raison de la hausse des prix à l’importation et/ou du remplacement des produits importés par des produits locaux. Pour la même raison, à un niveau agrégé, les bénéfices des entreprises peuvent en souffrir, et ces dernières peuvent décider de réduire leurs investissements en raison d’une incertitude accrue. Des recherches empiriques viennent confirmer ces analyses.

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William De Vijlder

A propos de William De Vijlder

Directeur de la Recherche Economique du Groupe BNP Paribas
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